Son nouveau Président entend endiguer l'érosion de l'Assemblée générale

14 septembre 2004

Face à un « contexte international en constante et rapide mutation », lourd de « multiples menaces et de nombreux défis », l'Assemblée générale « doit pouvoir remplir pleinement le rôle que lui assigne la Charte », a déclaré cet après-midi à New York, le président de l'Assemblée générale lors de son allocution d'ouverture de la 59e session.

Plus avant dans son discours et sur le même thème, le Ministre d'Etat du Gabon, Jean Ping qui préside cette nouvelle session, s'est dit favorable « au renforcement des relations entre l'Assemblée générale, le Conseil de sécurité et le Conseil économique et social. »

« Cette coopération, a-t-il ajouté, doit aussi permettre de préserver le rôle et l'autorité de l'Assemblée générale en tant qu'organe central de délibération et d'expression de la volonté commune des 191 Etats membres des Nations Unies. »

Même si « des progrès notables ont déjà été réalisés en vue de revitaliser nos travaux », a-t-il reconnu, il a estimé qu'il fallait « veiller à ce que l'Assemblée générale conserve toute ses prérogatives », jugeant qu'il y allait « de notre intérêt et de notre responsabilité collective d'endiguer l'érosion de cet important organe. »

Plus globalement, il a jugé « évident » d'adapter l'organisation aux « exigences des temps présents », indiquant à cet égard que « le renforcement du rôle de l'ONU dépendrait également des efforts que nous devons déployer en vue de réformer le Conseil de sécurité.

« De nombreuses propositions existent déjà », a fait observer le Président. « Il s'agit de faire montre de la volonté politique pour faire avancer cette importante question et parvenir à une formule consensuelle. »

M. Ping a par ailleurs indiqué, que de tous les conflits qui affectent la planète, celui du Moyen-Orient « et en particulier la question palestinienne exigeait une attention soutenue de la communauté internationale en raison de ses ramifications et de son impact sur la paix et la sécurité internationales. »

« C'est sans doute dans ce berceau de civilisations millénaires que se joue, pour une bonne part, notre avenir à tous », a-t-il déclaré.

Evoquant « le climat qui prévaut en Iraq et en Afghanistan », sujet « de grandes inquiétudes » et les guerres africaines qui sont « un facteur d'instabilité, d'appauvrissement et d'instabilité politique » comme l'illustrent, a-t-il indiqué, « la crise du Darfour au Soudan, les récents massacres de réfugiés à la frontière du Burundi et la République démocratique du Congo », il a jugé urgent de « repenser la coordination des organisations intergouvernementales et non gouvernementales [...] aux fins d'une action plus efficace. »

Citant la phrase du pape Paul VI : « le développement est le nouveau nom de la paix », il a insisté sur la nécessité de « tenir les engagements pris en matière de développement notamment dans la Déclaration du Millénaire et le Consensus de Monterrey. »

« Nous n'avons pas d'autres choix », a-t-il affirmé. « Nos nations et nos peuples respectifs en attendent beaucoup. Nous ne pouvons rester sourds à cette légitime aspiration à un monde meilleur. »

Enfin sur l'Afrique, son continent et aussi comme il l'a souligné, « le plus déshérité », le Président Ping a fait observer qu'avec la mise en place de « programme de fond, inspiré par la volonté des responsables politiques africains qu'est le NEPAD, le Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique », celle-ci avait « pris son destin en main » et que « l'organisation avait décidé de lui accorder un traitement prioritaire. »

L'Afrique, a-t-il déclaré, a pour cela obtenu le soutien politique de la communauté internationale. Elle a également pris un ensemble de mesures concrètes, notamment le Mécanisme d'évaluation par les Pairs, afin de promouvoir la paix, la bonne gouvernance, les droits de l'homme et la démocratie. »

« Mais l'Afrique attend aussi résolument la mise en œuvre des engagements souscrits dans ce cadre par l'ensemble de ses partenaires au développement et en particulier ceux du G8. »

En début de son allocution, le Président Jean Ping avait fait observer que « les peuples du monde ont plus que jamais les yeux tournés vers les Nations Unies, unique cadre à vocation universelle où s'expriment dans toute leur diversité, les préoccupations et les aspirations de l'humanité toute entière ».

Il l'a conclue en invitant les membres de l'Assemblée « à œuvrer de concert en vue d'adapter les Nations Unies aux besoins de notre époque » et en réclamant leur appui.

 

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