HCR : malgré Gatumba, des réfugiés congolais peu enclins à s'éloigner de leur pays

27 août 2004

Alors que l'agence de l'ONU pour les réfugiés poursuit ses transferts de réfugiés en provenance de la RDC, nombre d'entre eux, y compris ceux en provenance de Gatumba et malgré le récent massacre qui s'y est produit, rechignent à s'éloigner de la frontière et espèrent pouvoir rentrer chez eux le plus rapidement possible.

Le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) indique aujourd'hui avoir écarté un nouveau groupe de 48 réfugiés congolais de la zone limitrophe de la République démocratique du Congo (RDC) considérée comme peu sûre, particulièrement depuis l'attaque contre le camp de Gatumba, qui a fait plus de 150 morts et une centaine de blessés, au cours d'un massacre nocturne le 13 août dernier.

Ce dernier groupe de réfugiés à avoir été transféré par l'agence de l'ONU dans le camp de Gasorwe au Nord-Est du pays (carte), où 8000 réfugiés congolais ont déjà trouvé refuge, provenaient pour la plupart des camps de transit de Rugombo et de Karurama dans la province de Cibitoke, l'un d'entre eux était un ancien résident du camp de Gatumba maintenant fermé, a indiqué aujourd'hui à Genève la porte-parole du HCR, Jennifer Pagonis.

Elle a précisé que les réfugiés provenant de Gatumba qui n'avaient pas été transférés à l'intérieur du Burundi, étaient désormais hébergés dans une école bénéficiant d'une sécurité accrue.

La porte-parole a également indiqué que l'agence avait engagé une campagne d'information auprès des réfugiés qui se trouvent encore dans la zone frontalière, la plupart desquels étant peu enclins à être déplacés et manifestant le désir de retourner en RDC dès qu'ils ont le sentiment que la situation le permet.

« C'est vrai notamment pour les réfugiés provenant de Gatumba. Certains ont été très affectés par les attaques, beaucoup craignent pour leur sécurité dans les nouveaux sites et d'autres veulent rester près des membres de leur famille qui se trouvent encore à l'hôpital », a précisé Jennifer Pagonis.

Une délégation du HCR est en contact avec des représentants des ministères de l'Intérieur, de la Sécurité publique et de la Défense nationale et discutent de la participation du gouvernement dans ces programmes d'information. L'agence indique qu'elle a également l'intention de solliciter des donateurs.

Des équipes du HCR se sont également rendues cette semaine sur les sites où l'agence est autorisée par le gouvernement du Burundi à établir deux nouveaux camps. L'un se trouve à Gisozi dans la province de Mwaro, l'autre à Giharo dans la province de Rutana.

« Nous sommes en train d'organiser, avec nos partenaires, la mise en place des abris, de la nourriture, de l'eau, des équipements de santé, d'assainissement et d'autres services de façon à pouvoir accueillir 20 000 réfugiés qui se trouvent actuellement dans la zone frontalière », a indiqué la porte-parole du HCR.

 

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