Criquet pèlerin : 37 millions affectés à la lutte en Afrique, d'autres fonds nécessaires

26 août 2004

La communauté internationale a réagi favorablement à un appel lancé par la FAO pour aider les pays d'Afrique de l'Ouest et du Nord-Ouest dans leur lutte contre le criquet pèlerin en approuvant 32 millions de dollars débloqués ou sur le point de l'être. Toutefois, l'agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture estime à 100 millions de dollars le montant du financement nécessaire, de toute urgence, pour combattre l'infestation acridienne dans les pays touchés.

Aux contributions, fournies dans certains cas directement aux pays, la plupart du temps en passant par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), s'ajoutent cinq autres millions de dollars provenant des fonds propres de la FAO ce qui porte le total des ressources disponibles à 37 millions. Il en faudrait 100, selon les estimations de l'Organisation, pour neutraliser l'actuelle recrudescence acridienne et éviter qu'elle ne se transforme en fléau.

Les pays touchés ont mobilisé leurs propres ressources pour mener des campagnes nationales de lutte antiacridienne. Les pays du Maghreb, notamment le Maroc et l'Algérie, envoient des équipes de prospection et de lutte ainsi que des véhicules et des pulvérisateurs en Mauritanie, au Mali et au Niger, indique un communiqué de la FAO publié aujourd'hui.

De nombreux pays africains n'ont pas les moyens de financer entièrement les campagnes nationales de lutte et éviter les pertes de récoltes. Avions, pesticides, véhicules, pulvérisateurs, capacité de suivi et appui technique font cruellement défaut dans l'ensemble des pays touchés, indique la FAO qui insiste sur le fait « qu'un soutien accru des donateurs est requis urgemment pour réaliser des pulvérisations aériennes et terrestres ciblées et assurer le suivi environnemental. »

Actuellement, le pays le plus gravement touché est la Mauritanie, où de vastes zones d'infestation acridienne nécessitent des mesures urgentes de lutte. La situation se détériore également au Mali et au Niger. Des essaims de criquets ont été signalés au Cap-Vert, au Sénégal, au Tchad et au Burkina Faso et des rapports non confirmés font état d'essaims dans le nord-ouest du Nigeria tandis que la FAO estime qu'il existe un « risque modéré » que des essaims atteignent aussi le Darfour, au Soudan.

L'agence indique que la situation acridienne pourrait se détériorer davantage au cours des prochaines semaines avec la formation de nouveaux essaims en septembre, qui menaceraient gravement les cultures prêtes à être récoltées dans les pays affectés.

"Il s'agit désormais de protéger le plus possible la prochaine récolte, cruciale pour la sécurité alimentaire de millions d'habitants de la région", souligne la FAO.

Parmi les principaux contributeurs à la lutte antiacridienne, figurent l'Arabie saoudite, la Banque islamique de développement, le Canada, la Communauté européenne, la Corée du Sud, l'Espagne, les Etats-Unis, le Fonds commun de développement, la France, l'Italie, la Norvège, l'Organisation arabe pour le développement agricole, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et Taiwan.

Pour ce qui est des contributions en cours d'approbation, l'agence cite l'Allemagne, la Banque africaine de développement, la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), la Communauté européenne, le Fonds international pour le développement agricole (FIDA), l'Italie et le Japon.

---

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.