Essaimage massif du criquet pèlerin : appel de la FAO aux bailleurs de fonds

5 août 2004
Un criquet du désert

Des essaims gigantesques en provenance du Nord-ouest ayant envahi la Mauritanie, le Sénégal, le Mali et le Niger interrompant la saison des semailles estivales, l'agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture FAO exhorte les bailleurs de fonds à octroyer un soutien accru aux opérations de lutte antiacridienne nationales qui ont pris une ampleur inégalée.

D'énormes essaims de criquets pèlerins continuent de s'abattre sur les pays d'Afrique de l'Ouest, dans les prochaines semaines, des essaims supplémentaires devraient apparaître en Afrique de l'Ouest, y compris le Tchad, et certains essaims pourraient même atteindre l'ouest du Soudan, indique l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) dans un communiqué publié aujourd'hui.

Des éclosions massives ont commencé dans la plupart de ces pays et un grand nombre de bandes larvaires sont en train de se former. Bien que la probabilité soit faible, des essaims pourraient se diriger vers le nord du Burkina Faso. En revanche, la situation acridienne est retournée à la normale en Algérie, en Libye, au Maroc et en Tunisie, signale l'agence.

Plusieurs pays affectés ne disposent pas de ressources suffisantes - avions, véhicules, pesticides, pulvérisateurs, etc. - pour neutraliser les essaims de criquets pèlerins qui menacent à présent les cultures estivales, met en garde la FAO.

"Le soutien des bailleurs de fonds est urgemment requis pour les opérations ciblées au sol et la pulvérisation aérienne ainsi que pour les études d'impact sur l'environnement", souligne-t-on à la FAO.

Jusqu'ici, quelque 9 millions de dollars ont été octroyés par la FAO et les bailleurs de fonds - notamment l'Espagne, les Etats-Unis, la Communauté européenne, la Corée du Sud, l'Italie et la Norvège - soit directement aux pays affectés, soit par le truchement de la FAO.

Dix millions de dollars supplémentaires ont été promis. Mais il en faudrait bien davantage pour mener à bien la campagne antiacridienne jusqu'à la fin de la saison de reproduction estivale du criquet, en octobre prochain.

Au cours de la récente réunion ministérielle d'Alger à laquelle neuf pays d'Afrique de l'Ouest avaient participé - deux scénarios, aux coûts respectifs de 58 millions et de 83 millions de dollars, avaient été formulés en fonction du niveau de détérioration de la situation.

La saison estivale sera décisive pour déterminer l'évolution de la recrudescence acridienne, indique-t-on à la FAO.

Les reproductions attendues au cours des prochaines semaines entraîneraient la formation, à partir de la mi-septembre, de nouveaux essaims qui menaceraient les cultures prêtes à être récoltées à ce moment-là. Peu après, les essaims envahiraient de nouveau le nord et le nord-ouest de l'Afrique, à moins que les conditions dans le Sahel ne demeurent inhabituellement favorables à la reproduction acridienne et, par voie de conséquence, on y assisterait à l'apparition d'une nouvelle génération de criquets pèlerins.

Dans le cadre de la lutte contre le criquet pèlerin, plus de 1,7 million d'hectares ont été traités en juillet dans le nord-ouest de l'Afrique, ce qui porte à quelque 6,5 millions d'hectares le total traité dans les pays affectés d'octobre 2003 à fin juillet 2004.

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