Le Libéria un an après le départ de Charles Taylor : le HCR fait le bilan

12 août 2004
Un enfant du centre de Monrovia (archives)

Un an après le départ en exil de l'ancien président Charles Taylor, les réfugiés reviennent peu à peu au Libéria, au fur et à mesure que la sécurité apportée par le déploiement de la Mission des Nations Unies dans le pays, la MINUL, s'améliore, indique un reportage de l'agence de l'ONU pour les réfugiés.

Il y a eu un an hier que Charles Taylor, l'ancien président du Libéria placé sous mandat international par la Cour spéciale de la Sierra Leone, pour les crimes contre l'humanité qu'il aurait suscités dans ce pays, a pris le chemin de l'exil, s'est souvenu le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) qui fait le bilan de la situation au Libéria, douze mois, jour pour jour après ce départ.

Le 11 août, l'ancien Président et ancien chef de guerre, partait pour le Nigéria dans le cadre d'un accord permettant de conclure un cessez-le-feu mettant fin au combats acharnés que se livraient forces gouvernementales et mouvements rebelles.

Aujourd'hui même si « les cicatrices de la guerre sont partout » - maisons sans toit, criblées de balles et d'éclats d'obus, villages entiers désertés et avalés par la forêt équatoriale, amoncellement de décombres émergeant de la végétation – les réfugiés reviennent, rassurés par le déploiement des 15 000 militaires de la MINUL et par la mise en place d'un gouvernement transitoire où siègent désormais les anciens rebelles en attendant les élections de 2005.

Dans leur enthousiasme à l'idée de regagner leur pays et d'y recommencer une nouvelle vie, la plupart se retrouvent dans des camps, incapables de retourner chez eux en raison de poches d'instabilité dans certaines parties du pays ou de l'absence de services de base tels que l'eau, l'électricité, les écoles et des équipements médicaux.

Plus de 300 000 Libériens se trouvent aujourd'hui dans 20 camps destinés aux personnes déplacées dans leur territoire, le plupart situés autour de la capitale Monrovia.

D'autres ont pu réellement rentrer chez eux. « Rien ne vaut son chez soi et il n'y a pas de problèmes de sécurité », affirme Augustine Dorley de retour d'un camp en Guinée dans sa localité de Kolahun dans l'Ouest du Libéria.

« Il y un avenir pour le Libéria. Le processus de paix tient bon. La sécurité s'améliore, les gens se réconcilient et les familles sont réunies », renchérit Wilfred Ballah, également cité par le HCR, de retour de Sierra Leone avec sept personnes de sa famille.

Esther Walker, le maire de Gbarna, voit les choses différemment. Indiquant que chaque jour apporte son lot de retours au pays, elle affirme manquer de tout et demande à la communauté internationale de remettre sur pied la ville dévastée. « Il n'y a plus rien ici. Mon bureau est sous un arbre », explique-t-elle.

Même s'il est d'accord pour dire que la situation s'est grandement améliorée, le représentant du HCR à Monrovia prévient que, aussi longtemps que le désarmement se poursuit, la sécurité ne sera pas totale et qu'il y aura des armes dans le pays.

Il indique par ailleurs que ses services négocient des accords tripartites entre le Libéria et les pays voisins pour mettre en place un programme d'aide aux retours volontaires.

« Avec la poursuite du processus de paix et du désarmement, nous arriverons à un point où nous pourrons dire aux réfugiés qu'il est réellement temps de rentrer chez eux », ajoute-t-il.

Dans un village dévasté du Nord du Liberia, Sarkannedou, l'arrivée d'une équipe de secours humanitaire suscite une réaction spontanée de la part des femmes et des enfants présents. « Nous voulons la paix, nous voulons la paix, nous sommes fatigués de la guerre », se sont-ils mis à chanter, en tapant dans leurs mains et en se balançant au rythme de leur chant.

 

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