Centrafrique : une enquête internationale envisagée par la Ligue des droits de l'homme

30 juillet 2004

« Face aux nombreuses violations des droits de l'homme, la Ligue centrafricaine des droits de l'homme pourrait demander une enquête internationale », indique aujourd'hui un communiqué du Bureau de l'ONU en République centrafricaine.

« Les droits économiques, sociaux et culturels, la sécurité des personnes et des biens, les libertés d'expression et de communication et le processus électoral », tels sont les principaux sujets évoqués lors de la conférence de presse organisée le 26 juillet par la Ligue centrafricaine des droits de l'homme (LCDH), indique un communiqué du BONUCA, le Bureau d'appui des Nations Unies pour la consolidation de la paix en République centrafricaine.

« Les libertés individuelles et collectives sont gravement menacées actuellement » a déclaré le Vice-président de la Ligue, Maître Wanfyo, précisant que la situation n'offrait « aucune garantie au citoyen sur le plan sécuritaire ».

« L'impunité est assurée à certains Centrafricains, notamment les hommes en tenue et les autorités », a-t-il déclaré.

La LCDH a notamment fait état de cas d'arrestations arbitraires sans mandat de justice, de torture dans les locaux de l'Office de répression du banditisme (OCRB) et d'exactions perpétrées sur des citoyens dans les provinces, indique le BONUCA, qui précise que l'affaire Maka Gbossokoto a servi d'illustration aux violations de la liberté d'expression et de communication en général et de la presse privée en particulier.

Selon les informations parues dans la presse, M. Gbossokotto, directeur de publication du quotidien Le Citoyen, a été arrêté le 8 juillet dernier puis inculpé et écroué le 12, à la suite d'une plainte de l'ex-directeur général de la société publique de distribution d'électricité Energie centrafricaine, Jean-Serge Wafio, limogé en juin après une série d'articles du Citoyen l'accusant de détournements de fonds.

« Les droits économiques, sociaux et culturels ne sont pas respectés » en République centrafricaine, a par ailleurs déclaré Maître Wanfyo, en référence notamment à la « hausse constante des prix, à la baisse continue du revenu du Centrafricain moyen et au taux sans cesse croissant du chômage », indique le communiqué.

Face à une telle situation, note le BONUCA, la LCDH se verrait dans l'obligation de demander une enquête internationale, « si les autorités persistaient dans leur volonté de ne pas mettre fin aux violations des droits de l'homme en Centrafrique ».

Par ailleurs, le BONUCA informe qu'un séminaire sur « la couverture médiatique en période électorale » organisé par l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture ( UNESCO), en partenariat avec l'Ambassade de France et l'Union des journalistes de Centrafrique et l'appui du BONUCA, s'est tenu à Bangui, du 20 au 30 juillet.

Le séminaire a regroupé une quarantaine de journalistes issus de différents organes de presse, tant privés que publics, et visait à préparer les participants à la collecte, au traitement et à la diffusion des informations, en vue des élections de janvier 2005 en Centrafrique, indique le communiqué du BONUCA.

 

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