Afghanistan : la Mission de l'ONU regrette le départ de MSF sur fond de préparatifs électoraux

30 juillet 2004

Alors que l'équipe électorale est parvenue, malgré les attaques répétées, à inscrire plus de 8,5 millions de personnes dont 41,1% de femmes, la MANUA exprime ses regrets à l'égard du départ de Médecins sans frontières (MSF) du pays motivé par la situation sécuritaire.

« La MANUA et les institutions des Nations Unies en Afghanistan ont appris avec regret la décision de Médecins sans frontières (MSF) de quitter l'Afghanistan. a déclaré hier à Kaboul Manoel de Almeida e Silva, le porte-parole de la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), qui a cependant ajouté que la Mission pouvait « comprendre leurs raisons, la sécurité étant effectivement préoccupante »

S'exprimant hier lors d'un point de presse, il a rappelé que « MSF était en Afghanistan depuis de nombreuses années » et « qu'ils avaient accompagné le peuple afghan à travers les moments les plus difficiles qu'ait connus le pays », Il a également précisé que l'ONG avait été un partenaire actif des agences de l'ONU.

« Ils nous manqueront. Nous espérons que, dans un futur relativement proche, MSF estimera que les conditions ont changé et que cela leur permettra de revenir », a indiqué le porte-parole de la MANUA.

Interrogé sur la motivation de l'organisation non gouvernementale pour quitter le pays et notamment l'absence d'enquête sur l'assassinat de membres de son personnel, Manoel de Almeida a indiqué que la situation n'était pas nouvelle et que de nombreuses organisations avaient subi des pertes.

« MSF a été frappé de façon vraiment dramatique. Peut-être plus qu'aucune autre organisation à un moment donné» a-t-il précisé, ajoutant que « les institutions du pays étaient encore très faibles».

La décision de l'organisation humanitaire a été motivée par le meurtre de cinq de ses employés début juin.

Le porte parole a fait observer malgrué un effectif de la police de l'ordre de 20 000 membres et de l'armée de près de 12 000 soldats professionnels, un certain nombre de criminels n'avaient pas encore été traduits en justice.

Parallèlement, malgré les menaces qui planent sur le personnel électoral, la MANUA ayant déploré la mort de deux personnes le 28 juillet, le processus d'inscription électoral se poursuit.

« A la date du 27 juillet, plus de 8,5 millions d'Afghans ont été inscrits, dont 3 519 392 femmes, soit 41,1% et 5 040 454 hommes, soit 58,9% » a annoncé Manoel de Almeida.

En outre, 23 Afghans ont présenté leur candidature aux élections présidentielles, indique l'Organe mixte d'administration des élections (JEMB, selon l'acronyme anglais). Le JEMB est un organe créé le 11 novembre 2003, composé de six membres nommés par le Président afghan et de cinq membres internationaux nommés par le Représentant spécial du Secrétaire général pour superviser le processus électoral.

Enfin, le ministère de la Défense et le Programme pour un nouveau départ en Afghanistan, un projet du Programme des Nations Unies pour le développement et du gouvernement afghan pour le désarmement et la réintégration, a achevé son recensement des armes lourdes dans le pays.

« Un total de 6 099 armes lourdes a été enregistré, dont 1 657 sont opérationnelles, 3 071 réparables et 1 371 sont inutilisables », indique la MANUA.

A Gardez (carte), le cantonnement des armes lourdes a commencé avec l'entreposage de 142 armes lourdes, précise le porte-parole.

« La bonne nouvelle est que le Canada vient de fournir un financement qui permettra de couvrir la moitié des frais de carburant pour le cantonnement de ces armes, évalué à 2,5 millions de dollars, le coût total de l'opération étant estimé à 3 millions de dollars », a précisé le porte-parole de la Mission de l'ONU.

- Dossier Afghanistan du site de l'ONU

 

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