La Corée du Nord sévèrement touchée par l'assèchement de l'aide internationale

28 juillet 2004

L'aide humanitaire à la Corée du Nord n'étant financée qu'à 23% des besoins en dépit de l'appel lancé par l'ONU, plus de deux millions de Nord-coréens qui normalement bénéficient d'une assistance alimentaire, n'ont pas reçu leur ration de céréales et la population la plus vulnérable affiche des taux de malnutrition élevés.

A la date du 26 juillet, seulement 23% de l'appel consolidé à contributions en faveur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) avaient été financés, indique aujourd'hui un communiqué du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) qui insiste sur le fait que les 77% manquant font cruellement défaut dans le domaine alimentaire.

Au cours des deux derniers mois, plus de deux millions de Nord-coréens, dans l'Ouest du pays, n'ont pas reçu leurs rations de céréales. Plus grave encore, selon le Programme alimentaire mondial (PAM) les femmes enceintes et allaitantes ne reçoivent que 70% d'une ration calorique moyenne.

Les rendements agricoles sont en outre affectés par une pluviosité défavorable, certains comtés souffrant d'un excès des pluies, d'autre de pluies trop rares.

D'aujourd'hui à décembre, le PAM a besoin d'environ 40 000 tonnes de vivres, soit l'équivalent de 14,2 millions de dollars par mois, indique OCHA qui précise toutefois que l'arrivée d'une cargaison de blé russe devrait provisoirement améliorer la situation.

Le 25 juin dernier, l'Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies Maurice F. Strong, de retour d'un voyage dans la région, avait affirmé que la crise internationale liée au programme nucléaire de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) ne se résoudrait pas tant que l'économie souffrante de ce pays ne bénéficierait pas d'un soutien extérieur.

« Il est tout à fait clair qu'il n'y aura pas de soutien économique à long terme sans un règlement » de la question nucléaire, avait alors affirmé à la presse l'Envoyé personnel de Kofi Annan. « Mais il n'en est pas moins vrai que vous n'aurez pas de règlement sans une dimension économique majeure », a-t-il ajouté.

Selon M. Strong, l'incapacité de la RDPC à satisfaire ses besoins énergétiques constitue « à elle seule la plus grande contrainte » à son développement, retardant son économie, sa sécurité et son aptitude à fournir des secours humanitaires à ses citoyens.

Le pays, avait-t-il précisé, a un besoin sérieux d'investissements étrangers pour mener son développement économique.

 

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