Le monde ne sera plus jamais le même après le sida, selon le directeur d'ONUSIDA

16 juillet 2004

Le sida n'a pas de précédent dans l'histoire humaine, il a établi de nouvelles règles sociales « et débarrassons-nous de l'illusion que, dans quelques années, le monde redeviendra ce qu'il était avant l'épidémie du sida » a prévenu Peter Piot, le directeur de l'agence de l'ONU pour le sida, en clôture de la XVe Conférence internationale sur le sida qui s'est tenue à Bangkok du 11 au 16 juillet

A long terme, a déclaré le directeur exécutif du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida ( ONUSIDA ) , « nous comprenons à peine à quel point le sida met en cause de façon fondamentale le tissu social et comment les sociétés les plus affectées répondront à des défis tels que les millions d'orphelins, les enfants ayant la charge de familles, les écoles sans professeurs, les Etats sans revenus fiscaux, les champs sans fermiers et l'accroissement du nombre de personnes vivant dans une pauvreté extrême ».

« Pour la première fois, il existe une réelle occasion de progresser dans la lutte contre l'épidémie. Et ce mouvement trouve sa source à la fois dans la science et dans l'activisme», a déclaré Peter Piot, ajoutant qu'une telle chance ne se représenterait pas.

« A moins d'investir dans le renforcement des capacités humaines et institutionnelles, nous n'aurons fait qu'appliquer un sparadrap au lieu de mettre en place une réponse durable au sida », a-t-il prévenu.

Quelques principes fondamentaux président à ce processus : l'établissement de mesures au niveau local - « le temps des stratégies imposées de l'extérieur étant dépassé » -, le renforcement des capacités pour fournir des traitements dans 10 et 20 ans et la prévention qui doit aller au-delà de la seule fourniture de préservatifs et de seringues propres.

« Cela signifie promouvoir l'éducation pour les filles et l'égalité des femmes. Cela signifie mettre l'accent sur les droits fondamentaux et la dignité pour chacun. Cela signifie briser le cercle vicieux de la pauvreté, du manque de nutrition et de l'infection par le VIH », a déclaré Peter Piot.

Ce dernier a rappelé que de même que le financement, autrefois chiffré en millions de dollars, devait être désormais compté en milliards de dollars, le traitement devait désormais être destiné à des millions de personnes au lieu de milliers. Il a aussi plaidé pour l'allègement de la dette des pays africains, « ces 15 milliards de dollars engouffrés annuellement dans un puit d'argent », qui représente le quadruple des sommes consacrées à la santé et à l'éducation.

Chaque communauté doit réécrire ses propres règles pour gérer les questions sensibles au cœur de l'épidémie : la sexualité, l'homosexualité, l'exploitation sexuelle commerciale, l'usage de drogues, le viol, la stigmatisation, l'égalité des sexes et la virilité, a prévenu le directeur d'ONUSIDA.

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