La Commission d'enquête indépendante de l'ONU sera en Côte d'Ivoire le 18 juillet

9 juillet 2004

Le Bureau du Haut Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU a annoncé aujourd'hui que la Commission d'enquête indépendante mise en place le 22 juin afin d'enquêter sur les graves violations des droits de l'homme commises en Côte d'Ivoire allait se rendre dans ce pays le 18 juillet.

Les cinq membres de la Commission devraient être accompagnés par son secrétariat et par une équipe d'experts en médecine légale, a déclaré aujourd'hui le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, lors de son point quotidien avec la presse à New York.

La Commission devrait rester trois mois en Côte d'Ivoire, mais ce délai pourrait changer en fonction des découvertes sur le terrain. La période couverte par la Commission n'est pas limitée dans le temps, et elle devrait donc étudier la situation des droits de l'homme depuis le 19 septembre 2002, a précisé le porte-parole.

La Commission indépendante d'enquête pour la Côte d'Ivoire a été mise sur pied par le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme par intérim, Bertrand Ramcharan, afin d'établir les faits et les responsabilités au sujet des graves violations des droits de l'homme et du droit humanitaire international commises entre le 19 septembre 2002 et le 24 janvier 2003, date de la signature de l'Accord de Linas-Marcoussis.

Dès sa prise de fonctions, la nouvelle Haut Commissaire aux droits de l'homme, Louise Arbour, avait indiqué que la question de la Commission d'enquête en Côte d'Ivoire figurait au premier rang de ses priorités.

Plus tôt cette année, M. Ramcharan avait établi, à la demande du Secrétaire général, un groupe d'enquête qui s'était penché sur les allégations d'atrocités commises durant les manifestations qui s'étaient déroulées à Abidjan les 25 et 26 mars 2004.

Elle était parvenue à la conclusion que les tueries de civils innocents “étaient pour la plupart non provoquées et n'étaient pas nécessaires pour disperser les manifestants ».

Les statistiques élaborées par la Commission internationale d'enquête sur la base de documents officiels faisaient état de 120 morts, 274 blessés et 20 disparus, liste non exhaustive selon la Commission.

« Il est clair, ajoutait-t-elle, que la plupart des tueries n'ont pas eu lieu dans la rue mais dans les maisons des soi-disant manifestants ou civils innocents, ciblés par les forces de l'ordre du fait de leurs patronymes, de leur origine ou de leur appartenance à telle ou telle communauté. »

 

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