Un mécanisme de vérification RDC-Rwanda mis en place en R.D. du Congo

8 juillet 2004

Les coulisses du troisième Sommet de l'Union africaine ont décidément été fertiles en décisions concernant les principaux pays africains en crise. La Mission de l'ONU en République Démocratique du Congo annonce qu'elle a déjà commencé à étudier les termes de référence du Mécanisme de vérification sur les sujets litigieux entre la RDC et le Rwanda, décidé à Addis-Abeba.

S'exprimant au cours du point de presse hebdomadaire de la Mission des Nations Unies en RDC, la MONUC, qui a eu lieu hier, sa responsable de l'information publique, Patricia Tomé a rappelé que lors d'un mini sommet sur la crise en République Démocratique du Congo (RDC) (carte), en marge du troisième sommet de l'Union Africaine à Addis-Abeba en Ethiopie, il a été décidé de la mise en place d'un Mécanisme de vérification sur les sujets litigieux et des réunions régionales régulières pour tenter d'apaiser les tensions actuelles entre la RDC et le Rwanda, indique un communiqué de la MONUC.

Mme Tome a indiqué qu'à l'issue de cette rencontre, le Secrétaire Général adjoint de l'ONU, chargé des opérations de maintien de la paix, M. Jean-Marie Guéhenno, a déclaré à la presse ''qu'il a été entendu que les Nations Unies, en liaison avec l'Union africaine, proposeraient un mécanisme de vérification''.

M. Guéhenno a précisé que ''les vérifications doivent porter à la fois sur la possibilité de présence des troupes étrangères en RDC, notamment la question qui est régulièrement posée par les autorités congolaises sur la présence des troupes rwandaises. Parallèlement, elles doivent également porter sur des allégations de soutien aux ex-Far (anciennes Forces armées rwandaises) et Interahamwe''.

Le Représentant spécial du Secrétaire Général en RDC, William Lacy Swing, qui a participé à ce sommet aux côtés du Secrétaire Général Kofi Annan et de M. Guéhenno, revenu à Kinshasa mardi, a convoqué dès hier matin mercredi, une réunion au sein de la MONUC afin d'étudier le mandat de ce mécanisme de vérification, a déclaré Mme Tome, notant que les participants à la réunion d'Addis-Abeba ont souligné l'urgence de la mise en place d'un tel mécanisme.

La responsable de l'Information publique de la MONUC a signalé que de nouveaux affrontements s'étaient produits en Ituri, entre les Forces armées populaires du Congo (FAPC) et le Front des nationalistes intégrationnistes (FNI). Ces affrontements qui ont eu lieu dans les villages d'Avu, Rona, Ngote et Ndrele, ont provoqué des déplacements de civils depuis une semaine, a-t-elle indiqué. Elle a cependant affirmé que mardi, le calme était restauré, après qu'un cessez-le-feu a été conclu lundi soir entre les deux groupes armés, sous l'égide de la MONUC.

Malgré ces nouveaux affrontements, le retour des déplacés de l'Ituri dans leurs communautés d'origine se poursuit, a déclaré Patricia Tomé qui a indiqué que fin juin, 200 personnes avaient quitté le camp de déplacés de Bunia, qui abrite 14.000 personnes, et que 400 autres avaient fait de même début juillet.

''Nous constatons donc depuis plusieurs semaines un mouvement progressif de retour qui se confirme et devrait continuer notamment dans la ville de Bunia et sur l'axe Kasenyi'', a affirmé Mme Tome.

Elle a par ailleurs indiqué que la MONUC avait annoncé son intention de lancer un train humanitaire sur l'axe Kisangani-Ubundu, long de 125 kilomètres, qui aura pour fonction de livrer 25 tonnes de matériel se trouvant actuellement à Lubumbashi. Elle a souligné qu'il s'agit, ''après l'opération du train de la paix à Kindu, de travailler à moyen terme, non pas pour ouvrir des voies ferrées, mais pour relancer des trains humanitaires''.

 

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