Agir vite sinon le pire est encore à venir, a déclaré Kofi Annan à propos du Darfour

Agir vite sinon le pire est encore à venir, a déclaré Kofi Annan à propos du Darfour

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Il faut que la communauté internationale travaille avec toutes les parties prenantes à régler la crise au Darfour sinon c'est toute la région qui connaîtra un véritable drame auprès duquel celui qui se déroule actuellement paraîtra peu de chose, a affirmé hier le Secrétaire général de l'ONU après son entretien avec le Président du Tchad, à N'Djaména.

« Le Président a raison, il est nécessaire de trouver une solution, une solution politique, aussi rapidement que possible, sinon ce ne sera pas seulement le Soudan qui sera en cause, mais toute la région qui sera confrontée à un drame », a déclaré hier Kofi Annan après s'être entretenu avec le Président tchadien Idriss Deby à N'Djamena.

Le Secrétaire général a poursuivi en affirmant : « nous, la communauté internationale, devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour œuvrer avec le Gouvernement du Soudan et le Président du Tchad pour trouver une solution et calmer la situation.

Faute de quoi, a-t-il prévenu, « le drame que nous connaissons maintenant n'est rien en comparaison de ce qui suivra. »

En réponse à une question d'un journaliste, Kofi Annan a indiqué que « la meilleure façon d'aider le Tchad, était de régler le problème du Darfour » et que c'était la raison pour laquelle il fallait travailler avec le Gouvernement soudanais et les rebelles pour trouver une solution. « Dans le même temps, nous allons augmenter l'assistance humanitaire, un processus qui est déjà en cours », a-t-il ajouté.

« L'impact sur le Tchad est tout à fait clair. Le Président a parlé de plus de 200 000 réfugiés en provenance du Soudan qui se trouvent ici. Leur nombre augmente et augmentera probablement encore plus pendant la saison des pluies. C'est une ponction considérable sur l'économie du pays », a expliqué Kofi Annan qui a ajouté que la communauté internationale essayait d'aider mais qu'il pensait que « le rythme de l'aide [...] n'était pas à la mesure de la crise » et que la communauté internationale devait faire plus.

« C'est une chose de faire des promesses et une autre de les convertir en liquidités financières », a-t-il ajouté, faisant observer que « nous allons avoir besoin d'argent non seulement pour le Tchad mais pour le Soudan. »

« Si nous devons faire pression sur les Soudanais, les rebelles et d'autres pour qu'ils fassent ce que nous attendons d'eux, il faut aussi faire ce que nous avons promis », a souligné Kofi Annan.

Il a fait également remarquer que l'impact de la crise sur le Tchad était lié à l'instabilité qui accompagnait le conflit, une instabilité qui traversait la frontière au moment où le Tchad s'efforçait de mettre son économie et ses affaires sociales en ordre et alors que l'on sait que « l'instabilité peut effrayer les investisseurs ce qui n'est jamais souhaitable. »

Kofi Annan a conclu en remerciant le Président et le peuple du Tchad pour l'hospitalité, la générosité et la compassion dont ils avaient fait preuve à l'égard des réfugiés en provenance du Soudan.

Répondant à une question lui demandant s'il existait un plafond au-delà duquel le pays ne pourrait plus accepter de nouveaux réfugiés, le Secrétaire général a répondu que « refuser l'asile à des personnes qui ont peur pour leur vie, qui ont peur d'être attaquées, est non seulement illégal et va à l'encontre des conventions internationales » mais qu'il se devait de dire, « en tant qu'Africain, que c'était non-Africain. »

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