Kofi Annan : les habitants du Darfour ont fui des « violations flagrantes et systématiques » des droits de l'homme

2 juillet 2004

Après avoir visité les camps de réfugiés soudanais au Tchad, le Secrétaire général de l'ONU a déclaré que l'histoire qu'il avait entendue, aujourd'hui comme hier dans les camps du Soudan, était celle de gens qui avaient fui « des violations flagrantes et systématiques des droits de l'homme ».

Le Secrétaire général a visité ce matin les camps de réfugiés soudanais qui se trouvent dans l'Est du Tchad, a indiqué aujourd'hui le porte-parole de l'ONU à New York, Stéphane Dujarric. A Abeche, capitale de la province d'Ouaddie, le gouverneur, Haroun Saleh, lui a décrit les effets dévastateurs qu'avait eus sur sa province l'arrivée en masse de quelque 250 000 réfugiés en provenance du Soudan traversant la frontière en un flot incessant.

Kofi Annan et la délégation qui l'accompagnait se sont alors rendus au camp d'Iridimi, à environ 100 km de la frontière, lequel abrite une quinzaine de milliers de réfugiés soudanais et où un représentant des réfugiés et des membres d'organisations non gouvernementales ont décrit le fonctionnement du camp.

Des milliers de réfugiés portant des pancartes, sur lesquelles on pouvait lire « Arrêtez le nettoyage ethnique et le génocide » ou encore « D'abord la sécurité, ensuite le retour volontaire », entouraient le groupe en un demi-cercle ordonné.

Le Secrétaire général de l'ONU a résumé les impressions de ces derniers jours en déclarant que l'histoire qu'il avait entendue de la bouche des réfugiés au Tchad ou des personnes déplacées à l'intérieur du Soudan, était celle de gens qui avaient fui « de sérieuses violations des droits de l'homme, des violations flagrantes et systématiques. »

« La sécurité est d'une importance capitale pour tous et devra être garantie avant qu'ils ne rentrent chez eux », a-t-il ajouté.

Kofi Annan, qui a rencontré hier à N'Djamena, la capitale du Tchad, le Président Ibriss Deby, a déclaré aux journalistes après l'entretien que la communauté internationale devait faire tout ce qui était en son pouvoir pour œuvrer avec le Gouvernement du Soudan et le Président du Tchad pour trouver une solution.

Faute de quoi, a-t-il prévenu, « le drame que nous connaissons maintenant n'est rien en comparaison de ce qui suivra. »

La communauté internationale a essayé d'aider le Tchad à faire face à l'afflux des réfugiés soudanais, a ajouté Kofi Annan, qui a cependant fait valoir que compte tenu de l'urgence du problème « le rythme de l'aide [...] n'est à pas à la hauteur de la nature de la crise. »

Le Secrétaire général est ensuite retourné à Karthoum où il devait rencontrer le Président du Soudan, Omar Hassan al-Bashir.

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