L'hommage aux victimes de Srebrenica

23 juin 2004

Le Président du Tribunal pénal de l'ONU pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), Theodor Meron, a estimé mercredi, lors d'une cérémonie au cimetière de Potocari, en Bosnie-Herzégovine, où sont enterrées des victimes du massacre de Srebrenica, que le mal causé par le génocide « est ressenti non seulement par le groupe dont la destruction est visée, mais aussi par l'humanité tout entière ».

M. Meron a regretté, lors de cette cérémonie du souvenir, l'absence de coopération des autorités serbes de la Republika Srpska. « Il est tout simplement inacceptable que les autorités de la Republika Srpska n'aient encore pas arrêté ou transféré un seul des individus accusés par le Tribunal », a-t-il déploré, ajoutant qu'il était grand temps que ces responsables « rompent avec leur tradition de non-coopération et d'obstruction de l'Etat de droit ». Il a néanmoins salué les premiers pas accomplis tels qu'ils figurent dans le rapport préliminaire de la Commission sur Srebrenica de la Republika Srpska.

« Le crime de génocide est horrible dans son ampleur ; ses auteurs visent l'extinction de groupes humains entiers », a déclaré M. Meron. « Ceux qui l'élaborent et le mettent en pratique cherchent à priver l'humanité des nombreuses richesses qu'apportent nationalités, races, ethnicités et religions », a-t-il poursuivi, citant le jugement de la Chambre d'appel du Tribunal dans l'affaire Radislav Krstic.

Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) avait condamné l'un des commandants Serbes bosniaques responsables du massacre commis en juillet 1995 lors de l'attaque contre l'enclave de Srebrenica, où s'étaient refugiés les Musulmans bosniaques encerclés.

« J'aimerais pouvoir penser que qu'en reconnaissant les crimes commis en ces lieux comme des crimes de génocide, et en les condamnant avec la plus grande vigueur possible, nous avons permis de transformer l'espoir des rédacteurs de la Convention pour la prévention et la prévention du crime de génocide, en une réelle attente, ou peut-être même en une réalité », a-t-il souligné.

Le Président du TPIY a saisi cette occasion pour appeler, « une fois de plus, les autorités de Bosnie-Herzégovine à respecter leurs obligations dans le cadre du droit international de coopérer pleinement avec le Tribunal ».

Le 16 juin dernier, le TPIY avait décidé de maintenir contre Slobodan Milosevic les charges de génocide et d'autres crimes contre l'humanité, notamment pour les crimes commis à Srebrenica.

 

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