Le Conseil prêt à prendre des mesures contre ceux qui bloqueraient l'accord de paix en Côte d'Ivoire

25 mai 2004

Le Conseil de sécurité a réaffirmé ce soir la responsabilité individuelle de chacun des acteurs ivoiriens pour assurer la mise en oeuvre complète de l'Accord de Linas-Marcoussis et s'est dit tout à fait disposé à prendre toutes les nouvelles mesures nécessaires à l'encontre des individus qui bloqueraient la pleine application de l'Accord de Linas-Marcoussis.

Dans une déclaration lue par son Président du Conseil de sécurité pour le mois de mai, Munir Akram du Pakistan, le Conseil de sécurité prend note avec intérêt et préoccupation du rapport de la Commission d'enquête du Haut Commissariat aux droits de l'homme sur les événements survenus à Abidjan les 25 et 26 mars dernier.

Le Conseil de sécurité condamne fermement les violations massives des droits de l'homme commises en Côte d'Ivoire, y compris celles perpétrées à Abidjan les 25 et 26 mars, et exprime sa détermination à s'assurer que les auteurs de toutes ces violations soient identifiés et que le Gouvernement ivoirien les traduise devant la justice. Le Conseil de sécurité attend du Président Laurent Gbagbo qu'il respecte l'engagement qu'il a pris à cet égard envers le Conseil, via la lettre que le Représentant permanent de la Côte d'Ivoire lui a adressée.

Le Conseil de sécurité prie en conséquence le Secrétaire général d'établir dans les plus brefs délais la Commission d'enquête internationale prévue par l'Accord de Linas-Marcoussis, comme l'a recommandé la Commission d'enquête du Haut Commissariat aux droits de l'homme et comme l'a demandé le Gouvernement de la Côte d'Ivoire, en vue d'enquêter sur l'ensemble des violations des droits de l'homme commises en Côte d'Ivoire depuis le 19 septembre 2002 et d'en attribuer les responsabilités.

Le Conseil de sécurité réitère son exigence que le Gouvernement de la Côte d'Ivoire traduise devant la justice les responsables de ces violations des droits de l'homme et se dit prêt à étudier une possible assistance internationale aux autorités judiciaires ivoiriennes.

Le Conseil de sécurité se déclare profondément préoccupé par certains slogans et propos haineux, en particulier ceux proférés à l'encontre du personnel de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), et exige de tous les acteurs ivoiriens qu'ils s'abstiennent de toutes actions ou de tous propos, en particulier dans les médias ivoiriens, qui menacent la sécurité du personnel des Nations Unies et, plus généralement, compromettent le processus de réconciliation nationale.

Le Conseil de sécurité souligne qu'aucun progrès ne pourra être concrètement accompli dans la mise en oeuvre de l'Accord de Linas-Marcoussis tant que le Gouvernement de réconciliation nationale formé le 13 mars 2003 et complété le 12 septembre 2003 ne sera pas de nouveau réuni au complet sous l'autorité du Premier Ministre.

Le Conseil de sécurité est en conséquence gravement préoccupé par les événements survenus en Côte d'Ivoire ces derniers jours, en particulier suite à l'annonce récente du Président Laurent Gbagbo de retirer son soutien à des ministres de l'opposition et suite à celle des forces nouvelles de rapatrier à Bouaké leurs personnels qui étaient restés à Abidjan.

Le Conseil de sécurité renouvelle son plein appui au Premier Ministre Seydou Diarra, chef du Gouvernement de réconciliation nationale, et l'encourage à poursuivre sa tâche jusqu'à la fin du processus de paix en cours, comme prévu dans l'Accord de Linas-Marcoussis.

 

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