Un bilan financier de l'ONU positif mais fragile, selon la responsable de la gestion

21 mai 2004

Le bilan financier de l'ONU devrait être positif en 2004 avec un montant consolidé des contributions dues par les Etats membres en 2003 ayant continué à baisser tandis que les arriérés des contributions au titre du budget ordinaire repartaient à la hausse et que le déficit des Tribunaux pour le Rwanda et l'ex-Yougoslavie atteint un niveau suffisant pour « compromettre leur fonctionnement ».

« Pour la première fois depuis longtemps, nous n'avons pas été obligé d'effectuer d'emprunt au budget ordinaire de l'ONU », a indiqué aujourd'hui la Secrétaire général adjointe à la gestion, Catherine Bertini, contrastant cette indication toutefois avec la possibilité de devoir renouer avec cette pratique pour l'année en cours.

« Il est évident que le renforcement de notre socle financier est le préalable à la réalisation des tâches importantes qui nous sont confiées par les Etats membres et l'amélioration de notre situation financière reste une des grandes priorités du Secrétaire général », a-t-elle indiqué aujourd'hui au Siège de l'ONU à New York, lors d'une présentation à la presse des résultats financiers de l'Organisation.

Mme Bertini a souligné la tendance à l'amélioration dans les recouvrements de l'ensemble de contributions, constante depuis trois ans, les contributions non payées passant de 2,259 milliards en 2000 à 1,684 milliard en 2002 et à 1,603 l'an dernier, un résultat qu'elle a qualifié de « modestement encourageant », même s'il s'agit du plus bas niveau atteint depuis 1993.

Le total des contributions consolidées qui s'élèvent à 3,886 milliards en 2003, progresse de 54 millions de dollars par rapport à l'année précédente. Quant à la dette due aux Etats membres, elle continue à décliner depuis 1997, date à laquelle elle se situait à 884 millions de dollars passant à 703 millions en 2002 et à 439 millions en 2003.

Mme Bertini a en revanche exprimé sa préoccupation en ce qui concerne l'évolution de la situation financière du Tribunal pénal international pour le Rwanda et du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie qui est passée d'un léger déficit à la fin de 2002 à 73 milliards de dollars à la fin 2003. « Si cette tendance alarmante se poursuivait, cela compromettrait les travaux futurs des tribunaux. »

Seul des trois principaux indicateurs retenus à afficher un fléchissement, les liquidités passent de 1,397 milliard de dollars à 1,352 milliard ce qui est compensé, selon Mme Bertini, par le fait qu'il n'y ait pas eu besoin l'année dernière d'effectuer d'emprunt croisé pour la première fois depuis sept ans au moins.

Bien que 131 Etats-membres ait payé en totalité leurs contributions au budget ordinaire 2003, a-t-elle indiqué, le montant des arriérés dus par les Etats-membres à l'Organisation a « légèrement dérapé », passant de 305 millions en 2002 à 442 millions de dollars en 2003. Les Etats-Unis, seul pays développé à se trouver dans ce cas, doivent à eux seuls 268 millions de dollars, un chiffre en progression de 78 millions de dollars par rapport à 2002.

Mme Bertini anticipe pour 2004 un budget ordinaire positif en termes de liquidités mais une situation globalement fragile, un financement des opérations de maintien de la paix confortable malgré les problèmes financiers enregistrés par la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) et la MINURSO, la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental.

La Secrétaire général adjointe a indiqué également que le Fonds de réserve du maintien de la paix serait totalement utilisé et que, sans liquidités disponibles en provenance des missions terminées, la situation pouvait devenir extrêmement tendue.

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