R.D. du Congo : accrochages en Ituri, combats entre forces congolaises et rébellion hutue, troupes rwandaises à la frontière

10 mai 2004

La Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (RDC) signale qu'au cours d'un accrochage avec une de ses patrouilles, dix miliciens rebelles ont été tués et deux Casques bleus blessés. Elle fait également état d'une tension très vive dans l'Est du pays où les troupes congolaises affrontent la rébellion tandis que les forces rwandaises se sont massées à la frontière.

La Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (RDC) signale qu'au cours d'un accrochage avec une de ses patrouilles, dix miliciens rebelles ont été tués et deux Casques bleus blessés. Elle fait également état d'une tension très vive dans l'Est du pays où les troupes congolaises affrontent la rébellion tandis que les forces rwandaises se sont massées à la frontière.

L'accrochage s'est produit vendredi près du village de Kombokabo, situé à 25 kilomètres au sud-ouest de Bunia, sur l'axe Bunia - Marabo lorsque des miliciens du Front nationaliste intégrationniste (FNI) ont ouvert le feu sur une patrouille de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (MONUC), indique un communiqué de la MONUC.

Des renforts, dont 2 sections népalaises et un hélicoptère d'attaque MI 25 ont été immédiatement envoyés sur place, indique-elle.

La MONUC, qui indique avoir agi dans le cadre du Chapitre 7 de son mandat qui l'autorise à utiliser la force, si nécessaire, précise que 10 miliciens FNI ont été tués, un nombre indéterminé blessés et que deux de leurs camps ont été détruits à Kombokabo et Ngaju.

Deux Casques bleus ont également été blessés.

La Brigade de l'Ituri poursuit les miliciens qui se sont enfuis vers la localité de Songolo, indique également le communiqué.

Lors des combats violents qui avaient eu lieu en mai, les combattants Hema de l'Union des patriotes congolais (UPC) semblaient avoir définitivement pris le dessus sur les groupes armés lendus du FNI qui semblent en fait s'être simplement regroupés et réorganisés au point de nouveau à passer à l'offensive.

Dans un reportage publié sur son site Internet, la Mission signale également que, dans le Sud Kivu, le commandant de la 10e région militaire de la RDC a annoncé qu'une opération militaire avait été menée contre les FDLR - la rébellion hutue réfugiée au Rwanda - qui « continuent à semer l'instabilité et à persécuter la population » dans la plaine de la Ruzizi, plus particulièrement dans la région de Lemera, et qu'il avait indiqué que ces opérations se poursuivraient jusqu'à ce que ces combattants soient mis hors d'état de nuire.

Des sources civiles et militaires congolaises ont annoncé 39 tués dans les rangs des combattants FDLR, ainsi que 3 militaires tués et 12 blessés dans les rangs des FARDC. Les autorités congolaises ont fait état du massacre de 19 civils à l'arme blanche à Kihinga par les FDLR lors de leur retraite, indique également la MONUC qui précise n'avoir pas été en mesure de confirmer cette information.

Simultanément dans le Nord Kivu, la 8e région militaire congolaise menait une opération similaire dans les zones frontières de Rutshuru, à 120 km au nord-est de Goma, contre une base militaire des FDLR, faisant, selon des sources militaires congolaises, 17 tués, dont 14 rebelles rwandais et trois militaires congolais.

Ces mêmes sources ont ajouté que cette offensive avait éparpillé des centaines de rebelles rwandais plus profondément dans la forêt et déplacé leur QG.

Les combats sur les moyens plateaux d'Uvira ont entraîné le déplacement de quelque 25.000 personnes, qui ont fui leurs villages situés autour de Lemera, sur injonction des FDLR qui leur ont dit que ces villages allaient servir de champ de bataille contre les FARDC.

Une action humanitaire coordonnée par OCHA est engagée auprès de ces groupes de population affectés par les combats, indique encore la MONUC.

La Mission souligne que depuis le début du mois d'avril, la tension est très vive dans les provinces du Nord et du Sud Kivu, et « la méfiance à son comble » entre les gouvernements rwandais et congolais, « le premier accusant le second de ne rien faire contre les FDLR qui le menacent et le second accusant le Rwanda de vouloir réoccuper le Congo. »

En effet, après avoir fait état d'attaques dans différents endroits le long de ses frontières avec la RDC et le Burundi, le Rwanda a menacé de renvoyer des troupes en RDC si les rebelles rwandais n'étaient pas désarmés par l'armée congolaise ou par les Nations Unies, tandis que la RDC exigeait le retrait immédiat du sol congolais des troupes rwandaises dont la MONUC a confirmé la présence le 21 avril, et saisissait de cette affaire le Conseil de Sécurité de l'Organisation des Nations Unies.

Par ailleurs, le Rwanda annonçait le 26 avril avoir déployé d'importantes troupes le long de ses frontières avec le Burundi et la RDC en prévision d'éventuelles attaques des rebelles Hutu.

Dans deux lettres adressées aux ministres des Affaires Etrangères du Rwanda et de la RDC, le Représentant Spécial du Secrétaire Général de l'ONU en RDC, Mr. William Swing a pour sa part alerté les deux gouvernements sur la gravité de la situation. Mr. Swing a également exhorté les deux Etats à « entrer en contact direct afin de coordonner leurs opérations, dans l'esprit de la déclaration de principe sur les relations de bon voisinage du 25 septembre 2003 et conformément aux engagements pris par les deux pays lors de la réunion de Pretoria du 27 novembre 2003».

Lors du sommet de Pretoria, le 27 novembre 2003, le Président rwandais et le Président de la RDC s'étaient donnés 12 mois pour régler le problème de la présence des groupes armés rwandais, FDLR, sur le territoire de la RDC.

Dans un discours prononcé aujourd'hui à l'occasion de l'ouverture de la rencontre du Comité de Concertation des Groupes Armés (CCGA) avec le Gouvernement de transition, le Chef de la MONUC a a exhorté les représentants des groupes armés à avoir à l'esprit, durant la réunion, « l'état de désespoir, d'insécurité et de misère dans lequel vivent les cinq millions d'habitants de l'Ituri, soit dix pour cent de la population ».

 

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