FAO : attention à la situation alimentaire dans les pays européens du Sud-Est et de la CEI

5 mai 2004
Jacques Diouf

L'Europe aux 25 Etats doit prêter attention aux pays du Sud-Est et de la Communauté des Etats indépendants (CEI) où le nombre de personnes sous-alimentées est passé de 25 à 34 millions entre 1993/95 et 1999/2001, a souligné le Directeur de l'agence de l'ONU pour l'Alimentation et l'agriculture lors de la Conférence régionale de la FAO pour l'Europe qui a démarré aujourd'hui.

Selon les estimations du Rapport 2003 de la FAO sur l'état de l'insécurité alimentaire dans le monde, la CEI a le plus souffert, le nombre de personnes sous-alimentées y étant passé au cours de la même période de 20,6 à 28,8 millions, indique un communiqué de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) publié aujourd'hui.

Parmi les facteurs ayant contribué à la progression de la pauvreté au cours des quinze dernières années, Jacques Diouf, le Directeur général de la FAO, a cité les difficultés liées à la transition d'une planification centralisée vers l'économie de marché, le déclin de la production agricole et agroalimentaire ainsi que le chômage.

«L'Europe est une région caractérisée par une très grande diversité. Elle comprend certains des pays les plus avancés du monde ainsi que d'autres présentant un taux élevé de pauvreté», a-t-il déclaré aujourd'hui dans la ville française de Montpellier, lors de son discours ouvrant la 24e Conférence régionale de la FAO pour l'Europe qui va se poursuivre jusqu'au 7 mai prochain.

«Pour la région, le taux de pauvreté estimé sur la base d'un revenu de moins de 2 dollars est de 21% et 5¨% de la population souffre d'insécurité alimentaire», a-t-il ajouté tout en précisant que «ces taux étaient plus faibles que dans la plupart des autres régions du monde mais que les variations sont importantes entre les pays.»

Il a indiqué qu'entre 1998 et 2003, la production agricole a diminué d'environ 0,5% par an dans la région » et qu'elle « a surtout progressé dans les pays dits en transition», rappelant qu'en 2001, l'agriculture représentait 12% du produit intérieur brut en Europe.

Le directeur de la FAO a souligné la part importante des exportations agricoles européennes rapportée au montant total : 90% des exportations totales d'un montant de 211 milliards de dollars en 2002 alors que les importations agricoles s'élevaient à 222 milliards et que la part des exportations agricoles dans les exportations totales était la même année de 7,4 %.

«L'année 2003 n'a malheureusement pas été favorable à l'agriculture dans la plupart des pays de la région», a déclaré M. Diouf, citant à cet égard la sécheresse, le gel, les inondations, les criquets et les rongeurs «qui ont entraîné une forte baisse de la production, notamment en Arménie, Bulgarie, Moldavie et Ukraine.»

Au cours du dernier exercice biennal, six pays dans les Balkans et la CEI ont reçu une aide d'urgence de la FAO, totalisant environ 15 millions de dollars, en réponse à des crises ayant affecté le secteur agricole, a révélé le Directeur général de la FAO.

Il a par ailleurs attiré l'attention sur la diminution de l'aide extérieure au développement du secteur agricole dans le monde «qui est passée, aux prix constants de 1995, de 27 milliards de dollars à environ 15 milliards au cours des années 90 » alors que, a-t-il affirmé, « il faudrait doubler ce montant et accroître la part de l'agriculture dans les budgets nationaux pour accélérer la réduction de la sous-alimentation.»

Toutefois, en dépit des problèmes qui se posent dans certains pays de la région, M. Diouf s'est déclaré convaincu qu'avec la volonté politique appropriée, l'Europe peut relever les défis de la pauvreté et de l'insécurité alimentaire.

A propos des négociations commerciales multilatérales, le Directeur général de la FAO a fait observer qu'«une politique d'équité commerciale était indispensable au développement rural et à la sécurité alimentaire.»

La Conférence régionale de la FAO à Montpellier doit également se pencher sur le suivi du Sommet mondial de l'alimentation de 1996 et le rôle de la recherche dans le développement agricole. Il examinera par ailleurs l'importance de l'amélioration de la sécurité sanitaire et de la qualité des produits alimentaires, «un objectif important pour les gouvernements, le secteur privé et les organisations de la société civile de toute la région» selon M. Diouf.

Le directeur général de la FAO a souligné l'importance de la recherche agricole pour l'intensification durable de la production agricole, déclarant : «La promotion d'échanges, les partenariats régionaux et mondiaux, le renforcement des liens entre les instituts publics et privés de recherche, de vulgarisation, d'éducation et de communication revêtent une grande importance pour l'Europe.»

 

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