'Pétrole contre nourriture', un programme qui a réussi à nourrir 27 millions d'Iraquiens

3 mai 2004

Dans une tribune publiée dans la page « Opinions » du Wall Street Journal, où « les critiques de l'ONU sont particulièrement bien représentés », a-t-il souligné, le directeur de la communication du Secrétaire général des Nations Unies a défendu le programme « Pétrole contre nourriture » en contestant les erreurs grossières dans les chiffres avancées et en mettant en avant les bénéfices retirés par la population.

« Alors que la date butoir du 30 juin approche, il devient clair que l'ONU sera appelée à jouer un rôle crucial pendant la période de transition », a indiqué d'emblée Edward Mortimer, le directeur de la communication de Kofi Annan dans une tribune publiée dans la page « Editoriaux/Opinions » du Wall Street Journal.

« Certains critiques, particulièrement bien représentés dans cette page, ont cherché à remettre en question sa capacité à assumer ce rôle, alléguant de la corruption et de la mauvaise gestion du programme 'Pétrole contre nourriture' grâce auquel le Conseil de sécurité a cherché à alléger les épreuves subies par l'homme de la rue du fait des sanctions visant le régime de Saddam Hussein », a-t-il poursuivi.

« Quelques-uns des chiffres qui ont largement circulé sont à l'évidence faux », écrit M. Mortimer. « Le programme « Pétrole contre nourriture » n'a jamais été un programme 'gérant 100 milliards de dollars et plus' à moins de compter l'argent deux fois et d'ajouter les exportations de pétrole aux importations humanitaires. »

« Les ventes de pétrole iraquien pendant ses sept années d'existence, se sont élevées à 64,3 milliards de dollars », a-t-il précisé.

M.Mortimer a également contesté le chiffre avancé par le Bureau général d'audit qui a estimé à 10,1 milliards de dollars les revenus illicites provenant du programme et perçu par l'ancien régime iraquien. La formulation est trompeuse, a-t-il affirmé, « dans la mesure où plus de la moitié de ce chiffre (5,7 milliards de dollars) est liée 'au pétrole sorti en contrebande d'Iraq' en violation des sanctions de l'ONU. »

Cette pratique s'est poursuivi « pendant des années avant que le programme n'existe et n'est pas liée à celui-ci », indique M. Mortimer qui précise que les fonctionnaires de l'ONU n'avaient ni le mandat ni la capacité de contrôler une telle contrebande. « C'était la tâche de la Force multinationale d'interception créée en 1990 par le Conseil de sécurité et celle des autorités des pays par lesquels le pétrole transitait », ajoute-t-il.

« Il reste donc 4,4 milliards, si les chiffres du BGA sont corrects, qui auraient été détournés », en déduit Edward Mortimer.

Toutefois, « il ne s'agit encore que d'allégations qu'il reste à étayer, fait-il remarquer, ajoutant que « le Secrétaire général, qui les prend très au sérieux, avait à cet effet nommé la semaine dernière un groupe d'éminentes personnalités pour mener l'enquête. »

« On peut difficilement imaginer des personnes plus qualifiées que les trois qui ont été choisies par Kofi Annan : Paul Volcker, l'ancien Président de la Réserve fédérale américaine, Richard Goldstone qui a joué un rôle clé dans la Commission Vérité et réconciliation en Afrique du Sud et a enquêté sur les abus commis par le régime de l'apartheid et Mark Pieth, l'un des experts mondiaux en matière de corruption et de blanchiment de l'argent. »

Au final, a fait valoir Edward Mortimer, « quels que soient les gains illicites que Saddam a - ou n'a pas - pu détourner, le programme a fourni l'alimentation de base à 27 millions de personnes résidant en Iraq. »

« Entre 1996 et 2001, la ration quotidienne moyenne est passée de 1200 à 2200 kilocalories par jour. La malnutrition infantile a baissé de 50% pendant la durée du programme de même que les décès d'enfants de moins de cinq ans dans le centre et le sud du pays. Pendant la même période, la polio a été éradiquée en Iraq grâce aux campagnes de vaccination financées par le programme », indique-t-il.

« Le programme 'Pétrole contre nourriture a cherché à épargner à l'Iraquien moyen quelques-unes des difficultés les plus importantes que lui ont values leurs dirigeants. Il aurait sans aucun doute pu être mieux conçu et mieux appliqué. Mais dans sa mission de base, il a réussi », a conclu M. Mortimer.

 

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