Kosovo : la question de son statut doit progresser rapidement, selon le chef de l'ONU et le Président de l'Albanie

Kosovo : la question de son statut doit progresser rapidement, selon le chef de l'ONU et le Président de l'Albanie

Harri Holkeri
Le chef de l'ONU au Kosovo a déclaré aujourd'hui, en présence du Président de l'Albanie, premier Président albanais à avoir jamais été invité dans la province, que la mise en oeuvre des Normes pour le Kosovo mais aussi la question de son statut devaient progresser rapidement.

S'exprimant lors d'une conférence de presse à laquelle participaient également le Président de l'Albanie, Alfred Moisiu, le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour le Kosovo, Harri Holkeri, s'est félicité de l'engagement constructif de l'Albanie en appui du travail de la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo, la MUNIK.

« Je remercie tout particulièrement le Président Moisiu pour l'aide apportée par son intervention appelant à l'arrêt de la violence qui a éclaté au Kosovo à la mi-mars », a déclaré M. Holkeri.

« Nous sommes maintenant d'accord pour demander instamment aux Albanais du Kosovo, en tant que communauté majoritaire, de travailler activement à mettre en oeuvre les standards et de fournir un dernier effort pour regagner la confiance de leurs concitoyens, les Serbes du Kosovo », a poursuivi le Représentant spécial.

« Il est important que (ceux-ci) rejoignent les institutions du Kosovo », a-t-il ajouté, précisant que le Président albanais et la MUNIK avaient renouvelé leur engagement de faire progresser leur coopération dans différents domaines, économiques, politiques et culturels notamment.

Quant au Président Moisiu, qui a remercié Harri Holkeri pour son invitation et pour lui avoir donné la possibilité de rencontrer les dirigeants politiques du Kosovo, il a indiqué que l'Albanie était « définitivement intéressée à voir progresser le Kosovo dans la voie de la démocratisation et de l'intégration. »

« Le Kosovo se trouve aujourd'hui dans une situation sans précédent et nous sommes totalement convaincus qu'avec l'approbation de ses citoyens et l'appui international, le Kosovo va aller vers la détermination de son statut final », a ajouté le Président.

Condamnant la violence et exprimant son soutien au dialogue, il a souligné le fait que celui-ci ne pouvait avoir lieu sans la participation des deux parties, un élément qu'il a espéré voir réalisé avec l'aide de la MUNIK.

« Nous avons dit que plus le problème du statut final du Kosovo serait repoussé, plus cela laisserait la place aux extrémistes de tous bords de se manifester. Je l'ai dit lors d'entretiens avec le Secrétaire général de l'ONU, le redit aujourd'hui et l'ai dit lors de la réunion à Tirana », a déclaré M. Moisiu.

Se disant convaincu que le Kosovo avait un brillant avenir, il s'est toutefois désolé à la vue de la quantité de terres en friches dans une région qui « était le verger de l'ancienne Yougoslavie. »

Répondant à une question d'un journaliste, M. Moisiu a indiqué qu'il était effectivement le premier Président albanais à rendre visite au Kosovo et que c'était particulièrement satisfaisant pour lui mais aussi pour les Albanais qui vivent au Kosovo.

Interrogé sur l'éventualité que les récents événements aient fait évoluer la politique de la MUNIK à l'égard des « Normes avant le statut », M. Holkeri a répondu qu'à l'évidence la Mission s'était livrée à ses propres analyses et beaucoup de choses avaient changé.

« Nous sommes déterminés à aller aussi vite que possible sur la base de la mise en ?uvre du plan sur les Normes pour le Kosovo et, comme cela a été souligné très justement par le Président à l'instant, il nous faut régler le problème du statut du Kosovo aussi rapidement que possible.»

Quant à l'aide apportée par l'Albanie dans l'intégration du Kosovo en Europe, sa participation au sommet de Thessalonique constitue une concrétisation de la contribution de l'Albanie, a indiqué M. Holkeri qui a ajouté que, dans tous les forums internationaux , les représentants de l'Albanie soulèvent les problèmes auquel est confronté le Kosovo.