Chypre : le plan finalisé par le Secrétaire général prochainement présenté au Conseil de sécurité de l'ONU

Chypre : le plan finalisé par le Secrétaire général prochainement présenté au Conseil de sécurité de l'ONU

Le Conseiller spécial  Alvaro de Soto
L'affaire est entendue, a indiqué le Conseiller spécial pour Chypre, lors d'explications fournies tard la nuit dernière, au cours desquelles il a précisé que le Secrétaire général avait finalisé le texte que les dirigeants chypriotes avaient accepté de soumettre à référendum, que la date de ceux-ci avait été repoussée de quelques jours et fixée au 24 avril et que c'est un plan très différent du plan de départ qui sera présenté au Conseil de sécurité peut-être dès demain.

Un certain nombre d'explications devront être fournies car le plan est réellement différent de celui qui a été décrié pendant environ une année, a souligné le Conseiller spécial pour Chypre, Alvaro de Soto, lors d'une Conférence de presse qui a eu lieu tard la nuit dernière à Bürgenstock. « Ceux-là vont sans doute devoir en reprendre connaissance, du moins je le suppose », a-t-il ajouté.

M. de Soto a insisté sur les améliorations apportées aux modes de fonctionnement de la République unie de Chypre, notamment dans ses relations entre les Etats constitutifs la fédération.

« Pour aussi étonnant que cela puisse paraître, c'est un plan qui rend possible à chacun des Etats constitutifs de gérer ses propres affaires en toute sécurité et dans la dignité », a-t-il ajouté.

Alvaro de Soto a annoncé qu'il allait se rendre aujourd'hui à New York pour mettre au courant le Conseil de sécurité de façon à le préparer aux propositions qui vont lui être présentées par le Secrétaire général au nom des dirigeants chypriotes concernant la transformation « considérable » que va connaître l'opération de maintien de la paix de l'ONU.

« Beaucoup de choses doivent être faites, le Secrétaire général ayant transmis des lettres aux deux dirigeants leur demandant de prendre un certain nombre de mesures dans le courant du mois d'avril », a ajouté M. de Soto.

Répondant aux questions des journalistes, il a confirmé le fait que la République unie de Chypre constituait un seul Etat composé de deux Etats constitutifs.

Répondant notamment à une question affirmant que l'accord laissait repartir les dirigeants grecs quasiment les mains vides alors que les troupes turques sont autorisées à rester sur l'île indéfiniment y compris après l'intégration à l'Union européenne, le Conseiller spécial a fait observer que, aux termes du plan, plus de cent mille Chypriotes grecs auraient la possibilité de rentrer chez eux en restant sous administration grecque alors « quelques autres » resteraient sous administration turque et pourraient également recouvrer leurs biens.

« En fait, a-t-il précisé, pratiquement tout le monde, dans le cadre du nouveau schéma, peut reprendre possession d'un tiers de ses biens. »

Quant au maintien de troupes turques sur l'île, M. de Soto l'a qualifiée de « symbolique » et a indiqué qu'un dispositif de réévaluation avait été également prévu.

Il a réfuté le fait que les demandes chypriotes grecques n'aient pas été satisfaites, soulignant que l'insistance de M. Papadopoulas en ce qui concerne la mise en place préalable des lois fédérales avait été suivi d'effet, même s'il avait fallu que des douzaines d'avocats chypriotes grecs et d'avocats chypriotes turcs travaillent d'arrache-pied pour cela.

A la demande de M. Papadopoulos, la phase de transition a été réduite, passant de 30 mois à 2 mois. Sa demande portant sur le rôle que l'ONU devait jouer pour garantir le transfert aux Chypriotes grecs aient bel et bien lieu également été satisfaite, a-t-il ajouté.

Je pense que la liste des demandes chypriotes grecques satisfaites est une longue liste, a déclaré M. de Soto.

Interrogé sur les chances qu'a le plan de survivre aux référendums alors qu'un accord entre les deux parties n'a pas eu lieu, M. de Soto a indiqué que la période qui précédait les référendums serait l'occasion d'étudier le plan objectivement.

En dehors des avantages déjà décrits, a-t-il dit, les chypriotes turcs ont aussi beaucoup à gagner et notamment la sortie de leur isolement. « Cela peut transformer leur vie et je pense que les dirigeants ont la lourde responsabilité d'expliquer à leurs populations qui sont impliquées dans tout ceci, ce qu'elles sont en droit d'attendre et ce qu'elles peuvent perdre si elle n'approuve pas le plan. »