L'usage rationnel des médicaments, thème d'une Conférence co-parrainée par l'OMS

29 mars 2004

Alors que s'ouvre demain en Thaïlande une Conférence sur l'amélioration de l'usage des médicaments, l'OMS, l'agence de l'ONU pour la santé, insiste sur le caractère nocif et les surcoûts entraînés par un usage irrationnel des médicaments.

Dans le monde, près de la moitié des médicaments ne sont pas utilisés à bon escient. Les experts de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) rappellent que cette pratique peut avoir de graves conséquences : effets indésirables, prolongation des maladies et même entraîner la mort, sans compter un surcroît de dépenses inutiles de la part des individus comme par de celle des gouvernements, parfois extrêmement élevées, notamment dans les pays où les médicaments sont souvent à la charge des patients comme c'est le cas dans les pays en développement.

Au cours de la réunion mondiale prévue à partir du 30 mars, l'OMS et ses partenaires (gouvernements donateurs, fondations et organisations non gouvernementales) passeront quatre jours à étudier les moyens d'améliorer l'usage des médicaments dans les pays en développement.

« Pour la plupart des gens, c'est l'accès insuffisant aux médicaments qui est le principal problème », estime Hans Hogerzeil, directeur par intérim à l'OMS de Médicaments essentiels et politiques pharmaceutiques. « Malheureusement, l'usage irrationnel des médicaments disponibles constitue une autre menace majeure pour la santé et entraîne des gaspillages considérables. »

Par usage irrationnel des médicaments, on entend : le traitement excessif de maladies bénignes, le traitement insuffisant de maladies graves, l'utilisation des anti-infectieux à mauvais escient, le recours excessif aux injections, l'automédication de médicaments sur ordonnance, l'arrêt prématuré des traitements. Les chiffres de plusieurs pays montrent que ces pratiques sont fréquentes et pas seulement dans les pays en développement.

Selon les chiffres recueillis dans les enquêtes présentées à l'OMS, près de 60 % des antibiotiques prescrits au Nigéria en 2000 étaient inutiles. Au Népal, plus de 50 % des antibiotiques prescrits en 1996 n'étaient pas nécessaires et 40 % des dépenses pharmaceutiques la même année ont été superflues, du fait de prescriptions inadaptées. A l'échelle mondiale, la proportion des prescriptions d'antibiotiques ne se justifiant pas atteint grosso modo 50 %.

Le recours abusif aux médicaments contribue dans la plupart des cas à l'apparition de pharmacorésistances. Dans le cas du paludisme par exemple, la surconsommation de chloroquine, le médicament traditionnel, a entraîné l'apparition de résistances dans plus de 80 pays. Dans certaines régions, jusqu'à 98 % des cas sont résistants à la pénicilline, qui sert à traiter les blennorragies.

L'usage irrationnel de médicaments découlant de prescriptions inadaptées peut aussi provoquer des événements indésirables à l'origine de maladies ou même de décès. Aux Etats-Unis, les réactions indésirables font partie des six principales causes de mortalité.

La Conférence internationale pour améliorer l'utilisation des médicaments est la seconde de cette nature et elle aura lieu à Chiang Mai (Thaïlande) du 30 mars au 2 avril. Elle est parrainée par l'OMS, Managing Sciences for Health, le Centre for International Health, l'Ecole de Santé publique de l'Université de Boston, l'Ecole de Médecine de Harvard et le Réseau international pour l'Usage rationnel des médicaments.

 

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