La question de Chypre s'invite dans les débats de la Commission des droits de l'homme

La question de Chypre s'invite dans les débats de la Commission des droits de l'homme

Le débat sur la question de la violation des droits de l'homme a été l'occasion d'un échange de points de vue entre la représentante chypriote grecque et le représentant de la Turquie tandis que la politisation de ces débats et « l'attitude d'injonction à l'égard des pays du Sud » étaient dénoncées.

La représentante de Chypre, Mme Frances-Galatia Lanitou-Williams, évoquant les pourparlers en cours actuellement à Bürgenstock, en Suisse, sur le statut de l'île, a réaffirmé l'engagement de son Gouvernement [chypriote grec] dans ce processus qui vise à la réunification de l'île dans le cadre d'un système fédéral viable qui profite à tous les Chypriotes. Chypre, a-t-elle ajouté, a exprimé à plusieurs reprises son attachement à l'intégration communautaire et sa préférence pour une accession de Chypre réunifiée à l'Union européenne.

Elle a jugé inacceptable, dans ce contexte, les efforts de la Turquie pour introduire des dérogations permanentes aux acquis communautaires en matière de droits de l'homme dans le projet de règlement final et déploré les tentatives, du côté chypriote turc, de faire perdurer les divisions sur une base ethnique et communautaire et de priver les Chypriotes de la jouissance de leurs droits fondamentaux. Elle a déploré que le rapport du Secrétaire général n'ait pas encore été publié.

M. Türkekul Kurttekin, le représentant de la Turquie a répondu en rappelant que la République turque de Chypre du Nord est une réalité qui répond à des circonstances historiques. En 1974, le peuple chypriote turc a exercé son droit à l'autodétermination et promulgué la République turque de Chypre du Nord.

Bien que la Turquie reconnaisse cette République, il a déclaré partager l'espoir de l'ambassadeur de Chypre que les pourparlers de Bürgenstock, en Suisse, qui cherchent sous l'égide des Nations Unies à créer un partenariat nouveau fondé sur l'égalité des deux parties aboutiront, mais il a déploré le rejet du blâme d'un éventuel échec sur la partie turque.

Cet échange, qui a eu lieu lors de la séance de l'après-midi de la Commission s'est produit alors que les regrets exprimés quant à la politisation des débats alternaient, parfois dans le même discours, aux références à des situations politiques spécifiques. Les différends Arménie/Azerbaïdjan, la problématique Syrie-Liban-Israël, « l'invasion militaire de l'Iraq » ont ainsi fait l'objet d'interventions antagonistes.

Quant au représentant de la République du Congo, M. Jean Martin Mbemba, qui s'exprimait au nom du Groupe africain, il a regretté que les activités de la Commission soient toujours empreintes d'une attitude d'injonction, pleine de certitudes et de préjugés.

La culture de l'oubli que pratiquent certains pays relève d'une inquisition d'un nouveau genre contre d'autres peuples et leurs cultures, a-t-il déclaré, récusant cette approche qui consiste à diviser le monde entre prétendus civilisés et barbares, en une volonté récurrente et anachronique qui se propose de reprendre la direction des consciences. Le catalogue des prétendues contre-performances des pays du Sud en matière de droits de l'homme est une source d'interrogation pour la République du Congo, a-t-il ajouté.