Kosovo : le dialogue avec Belgrade reprendra au plus tard début mars

Kosovo : le dialogue avec Belgrade reprendra au plus tard début mars

Lors d'une réunion hier du chef de l'ONU au Kosovo et du Vice-Premier ministre serbe, nouvellement nommé, il a été convenu que le dialogue direct Pristina-Belgrade reprendrait durant la dernière semaine de février ou la première de mars.

La réunion d'hier a eu lieu au lendemain de la constitution d'un gouvernement à Belgrade après plusieurs semaines de blocage qui ont suivi les législatives du 28 décembre.

Le Représentant spécial de l'ONU et chef de la Mission au Kosovo, Harri Holkeri, a indiqué au Vice-Premier Ministre serbe et Président du Centre de coordination pour le Kosovo (CCK), Nebojsa Covic, qu'au cours de ses récents voyages à New York, Washington et Londres, le message avait été le même. La communauté internationale avait manifesté un intérêt soutenu en faveur du dialogue et exprimé un sentiment d'urgence quant à la reprise rapide des réunions des Groupes de travail, indique un communiqué de la Mission de l'ONU au Kosovo, la MINUK.

La délégation de Pristina à la prochaine réunion sera multiethnique, a précisé M. Holkeri, qui a cependant ajouté que la Coalition [serbe] Povratak, devait encore lui donner le nom de ses participants comme son leader, M. Dragisa Krstovic, le lui avait promis.

Lors de cette réunion, il a également été question de la participation des Serbes du Kosovo au processus de mise en oeuvre des Normes que les institutions provisoires du Kosovo doivent satisfaire avant que ne soient engagées les négociations sur son statut.

M. Holkeri a indiqué à nouveau que les Serbes du Kosovo redoutaient que le processus des Normes ne porte atteinte à la résolution 1244 du Conseil de sécurité et ne préjuge du statut final du Kosovo, ce qui est totalement sans fondement, a-t-il affirmé.

Le Représentant spécial a souscrit à la suggestion du Vice-Premier Ministre Covic de réunir le Groupe de travail de haut niveau en mars, la date et le lieu restant à déterminer.

Ce Groupe ne devait pas se substituer au dialogue direct Pristina-Belgrade, a précisé M. Holkeri.

Lors de son récent exposé au Conseil de sécurité, le Représentant spécial avait souligné l'importance du dialogue entre Pristina et Belgrade, que ce soit dans le domaine des personnes disparues ou de la participation des Serbes du Kosovo aux différentes instances où leur présence était nécessaire.

« Il en va de la responsabilité des Institutions provisoires d'administration autonome de s'impliquer sérieusement et sans plus tarder dans un dialogue avec Belgrade », avait alors déclaré M. Holkeri.

« Il est clair que certains Serbes du Kosovo [...] seraient d'accord pour participer aux Groupes de travail » chargés d'élaborer le plan d'action pour atteindre les objectifs fixés par les Normes mais qu'ils « regardent du côté de Belgrade pour endosser ce point de vue », avait-il également indiqué.

« Cela n'aide pas non plus qu'il n'y ait toujours pas de gouvernement à Belgrade », avait-t-il fait remarquer.