Les Missions de maintien de la paix font le point

5 février 2004

Trois chefs de mission de l'ONU en Afrique qui connaissent des succès notables et le responsable des opérations de maintien de la paix de l'Organisation ont donné aujourd'hui la clé du succès de ces missions : la coopération régionale, l'appui du Conseil de sécurité et la mise à disposition des moyens nécessaires.

Lors de la conférence de presse organisée à l'occasion de la réunion annuelle, à New York, des Représentants spéciaux et chefs de Missions de l'ONU, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno, a souligné que c'étaient en Afrique que se trouvaient les trois quarts des 45 000 soldats de la paix déployés dans le monde. Il était donc logique qu'à ses côtés, se trouvent les chefs des missions de l'ONU au Libéria, en République démocratique du Congo (RDC) et en Sierra Leone.

Pour Jean-Marie Guéhenno, les progrès considérables réalisés par les opérations de maintien de la paix s'expliquent par la coopération accrue avec les organisations sous-régionales et régionales et par un appui plus efficace du Conseil de sécurité qui s'efforce de doter les opérations de maintien de la paix de mandats clairs et des moyens nécessaires à leur succès.

Le Représentant spécial du Secrétaire général au Libéria, Jacques Paul Klein, a fait valoir que la mission qu'il dirige illustrait parfaitement cette nouvelle approche. Il a mis en avant la nette amélioration de la sécurité dans le pays due au déploiement dans l'ensemble du pays de 10 600 casques bleus sur les 15 000 autorisés par le mandat du Conseil de sécurité. Il a cependant indiqué qu'il restait beaucoup à faire et notamment à rétablir le tissu social du Libéria, condition essentielle à sa stabilité. Il a dit beaucoup attendre de la Conférence des donateurs dont le moment fort aura lieu demain quand sera connu le montant des engagements de contributions.

Pour la MONUC, la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (RDC), le bilan, tel que l'a présenté le Représentant spécial William Lacy Swing, est positif avec des avancées « inimaginables » dues notamment à un appui international « plus fort que lors de l'indépendance » du Congo en 1960 ainsi qu'au nationalisme des Congolais qui ont su maintenir leur intégrité territoriale. Parmi les défis qui continuent à se poser, a-t-il expliqué, figure la stabilisation de l'Est du pays qui va nécessiter le redéploiement des 10 800 éléments qui constituent la composante militaire de la MONUC.

Quant au Représentant spécial pour la Sierra Leone, Daudi Mwakawago, le problème majeur qui se pose aujourd'hui, malgré deux années de paix, l'élection d'un gouvernement en 2002 et l'amélioration de la sécurité, reste « l'extrême pauvreté d'un pays potentiellement riche » mais aussi celui de l'après-MINUL, la Mission des Nations Unies en Sierra Leone, dont le retrait est prévu pour la fin 2004. Une mission doit arriver dans le pays pour évaluer si la stabilité du pays résistera à ce retrait et faire des recommandations au Conseil de sécurité.

En ce qui concerne les opérations envisagées en Côte d'Ivoire, au Burundi et au Soudan, tout dépend de la volonté de la communauté internationale, a indiqué Jean-Marie Guéhenno.

 

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