La Mission de l'ONU déterminée à rester au côté des Afghans malgré les attentats

29 janvier 2004

Après les attaques suicides dirigées contre l'ISAF (la Force internationale d'assistance à la sécurité) et condamnées par le Représentant spécial par intérim en Afghanistan, Jean Arnault, le porte-parole de la Mission de l'ONU en Afghanistan a réaffirmé aujourd'hui la détermination de ses membres de « continuer ce que nous avons à faire. » Il a également annoncé le déploiement de policiers à Kandahar et défendu la constitution afghane contre les rumeurs de changements a posteriori.

« Nous sommes tous déterminés à faire ce que nous avons à faire ici et n'avons aucun doute qu'en termes d'appui au processus de Bonn, c'est ce que veulent les Afghans et nous sommes à leur côté », a déclaré aujourd'hui le porte-parole de la Mission d'assistance de l'ONU en Afghanistan la MANUA, Manoel de Almeida e Silva.

Il a par ailleurs indiqué que 300 policiers basés à Kaboul avaient été déployés à Kandahar pour une durée indéterminée et étaient chargés d'y promouvoir la bonne gouvernance, de renforcer la sécurité locale et d'y créer un environnement favorable au programme de stabilisation et de reconstruction de l'Afghanistan. La réforme de la police à Kandahar où le programme doit commencer prochainement, est un autre aspect-clé de ce programme, a-t-il ajouté.

En ce qui concerne le désarmement des deux principaux groupes armés du Nord du pays, le Jamiat et le Jumbesh, ceux-ci se sont engagés sur une date ferme qui marquera le début de la phase pilote de désarmement-réintégration de leurs troupes.

L'Unité mobile de désarmement a commencé mardi à vérifier l'état de marche des armes lourdes remises par les deux groupes en présence de hauts responsables de ces mouvements et de représentants du groupe opérationnel du ministère de la Défense. Environ 366 armes lourdes avaient été collectées dans la province de Balkh avant que le processus de cantonnement ne s'interrompe en décembre, a rappelé Manoel de Almeida.

Le retour des réfugiés se poursuit en dépit de l'hiver, a-t-il ajouté, précisant que 2 500 d'entre eux étaient revenus en Afghanistan dans le cadre d'un programme de rapatriement conjoint Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR)-ministère des Réfugiés et du Rapatriement.

Les réfugiés viennent principalement d'Iran mais aussi de sept autres pays répartis aux quatre coins de la planète. Ils ont préféré abandonner des climats beaucoup plus cléments et rentrer chez eux, a souligné le porte-parole qui a cité l'exemple de 7 Afghans rapatriés d'Australie avec l'aide du HCR. Deux autres sont revenus d'Inde, un d'Indonésie et du Swaziland, 15 du Royaume-Uni, 12 d'Autriche, 5 d'Allemagne et 7 des Pays-Bas, a-t-il précisé.

Près de 1 000 survivants du tremblement de terre meurtrier de la ville iranienne de Bam sont également revenus dans des convois organisés par le HCR. Au total depuis que le programme d'aide au rapatriement a commencé, au début de 2002, plus de 2,2 millions de réfugiés sont rentrés au pays grâce à la prise en charge du coût des voyages et la distribution de kits familiaux par le HCR ainsi qu'à l'aide apportée par le Programme alimentaire mondial (PAM), a-t-il ajouté.

A propos des inscriptions sur les listes électorales, le porte-parole a indiqué qu'il y avait eu une recrudescence des activités visant à encourager la participation des femmes un peu partout dans le pays et en particulier dans les centres régionaux de Kunduz, Kandahar, Gardez et Jalalabad.

A une question d'un journaliste lui demandant s'il était possible de satisfaire le clergé qui a indiqué que l'inscription des femmes ne pouvait être effectuée que par du personnel féminin, Manoel de Almeida a répondu par l'affirmative.

« Ce n'est pas facile mais nous le ferons, a-t-il déclaré. C'est ainsi que nous procédons aux inscriptions de façon à honorer et respecter les traditions. Les femmes peuvent également choisir d'être ou non photographiées. Tout cela n'est pas facile mais, comme je l'ai dit souvent la sécurité est un problème majeur mais il y en a bien d'autres. »

En réponse aux rumeurs faisant étant de changements introduits dans la constitution après qu'elle ait été adoptée par la Loya Jirga, l'assemblée traditionnelle, le porte-parole de la MANUA a indiqué qu'il s'agissait de changements qui avaient été bel et bien apportés par la Loya Jirga.

« La plupart d'entre vous assistaient à la Loya Jirga, vous y aviez accès tous les jours », a déclaré Manoel de Almeida en s'adressant aux journalistes. « Oui il y a eu des changements mais comme vous le savez, il existait quelque chose qui s'appelait un comité de réconciliation et ce comité devait trouver un moyen de concilier les différentes suggestions et c'est à ce moment-là que des changements sont survenus. »

« On peut dire que le processus de négociations n'a pas été parfait mais on ne peut pas dire qu'il n'y a pas eu de processus de négociations sous la grande tente de la plénière. Les médias avaient un accès total aux délégués et tout cela a même été diffusé en direct. Alors reconnaissons que l'Afghanistan a une nouvelle constitution qui a été reçue positivement ici et à l'étranger et qu'elle dispose d'un vaste soutien », a-t-il encore ajouté.

« Le texte qui existe est celui qui a été adopté grâce aux bons offices du Président Mujadadi », a-t-il affirmé.

 

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