Kofi Annan encourage l'Ethiopie et l'Erythrée à engager un véritable dialogue

2 janvier 2004

Le Secrétaire général signale la tension régnant toujours entre l'Ethiopie et l'Erythrée, une tension, entretenue par « un discours incendiaire », aux conséquences potentiellement dangereuses, tenu notamment par l'Erythrée, et qui résulte du désaccord persistant sur le tracé de frontière mais également de l'absence d'un véritable dialogue entre les deux pays.

« La situation entre l'Éthiopie et l'Érythrée reste difficile, voire précaire, et la moindre erreur d'appréciation de la part de l'une ou l'autre partie pourrait, je le crains, avoir de graves conséquences », indique le Secrétaire général dans son dernier rapport trimestriel sur la situation en Ethiopie et en Erythrée.

Il met en garde contre « le discours incendiaire tenu depuis quelque temps, notamment en Érythrée » et souligne « combien il est dangereux d'agiter des menaces de recours à la force ou de se préparer à cet effet. » Alors qu'il se « félicite que l'Érythrée poursuive sa coopération avec la Commission », Kofi Annan « regrette que l'Éthiopie ne coopère pas suffisamment, notamment en acquittant sa contribution financière au titre du fonctionnement de la Commission. »

Un autre aspect jugé crucial par le Secrétaire général est l'instauration « d'espaces de communication ouverts à tous les niveaux. » « Je sais que l'Érythrée est plutôt réticente à engager un dialogue avec l'Éthiopie tant que la frontière n'aura pas été abornée, mais je tiens à souligner que les parties auront les plus grandes difficultés à améliorer leurs relations si elles persistent à ne pas se parler ? c'est seulement par le dialogue qu'elles pourront sortir de l'impasse actuelle avant que la situation ne se dégrade davantage », insiste Kofi Annan.

Il regrette par ailleurs que l'Érythrée ait récemment décidé de rappeler son ambassadeur auprès de l'Union africaine et rappelle que, par sa résolution 1507 (2003), le Conseil de sécurité a réaffirmé « l'importance cruciale que revêt le dialogue politique entre les deux pays pour le succès du processus de paix. » « C'est dans cet esprit, ajoute-t-il que j'encourage toute initiative positive prise dans cette direction, notamment celle de M. Chissano, Président du Mozambique et Président en exercice de l'Union africaine, ainsi que de M. Konare, ancien Président du Mali et Président de la Commission de l'Union africaine.

Le Secrétaire général insiste pour que tous les États Membres et toutes les organisations concernés restent « fermement engagés dans les mois qui viennent » et demeurent « fidèles à l'esprit de concertation qui a caractérisé l'appui de la communauté internationale tout au long de ce processus de paix. »

« Je continuerai », affirme-t-il pour sa part, « à envisager des mesures supplémentaires, en étroite coordination avec les autres témoins de l'Accord d'Alger, pour faire avancer le processus et aider les parties à surmonter leurs divergences. »

 

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