Kofi Annan recommande une évaluation approfondie avant le retrait complet des troupes de l'ONU en Sierra Leone

31 décembre 2003

Alors que le Mission de l'ONU en Sierra Leone est entrée ce mois-ci dans la dernière phase de son retrait qui devrait être achevé en juin 2004, le Secrétaire général recommande de procéder au préalable à une évaluation approfondie de la situation pour déterminer d'éventuels ajustements au plan de retrait et se propose de formuler des recommandations au vu des résultats de cette évaluation, dans son prochain rapport en mars 2004.

Dans son dernier rapport publié sur la situation en Sierra Leone, le Secrétaire général enregistre un certain nombre d'avancées. « La consolidation de l'autorité de l'État se poursuit dans l'ensemble du pays à mesure que de plus en plus de fonctionnaires du Gouvernement établissent leur présence dans les provinces et les districts », indique-t-il notamment.

La consolidation de l'armée se poursuit, mentionne-t-il par ailleurs, et, même si la contrebande des diamants continue, « le Gouvernement a encore renforcé son contrôle » sur leur exploitation. « Le nombre de licences d'exploitation délivrées jusqu'ici par le Gouvernement sierra-léonais dépasse 1 800, alors qu'il était de 900 en juin 2002. L'exploitation industrielle du diamant a repris dans le district de Kono, où la Branch Energy Mining Company a commencé ses activités de production en novembre 2003. »

« À ce jour, les régions évacuées par la MINUSIL sont restées stables », poursuit Kofi Annan qui alerte cependant sur des éléments préoccupants. « Un taux élevé de chômage parmi les jeunes et les ex-combattants qui n'ont pas encore bénéficié de programmes de réinsertion soulève des problèmes qui ont des répercussions sur la politique et la sécurité », indique-t-il. « En outre, la présence de l'ancienne Force de défense civile (CDF), qui a maintenu ses structures dans certaines zones, représente la principale menace pour la sécurité dans le secteur central. »

Il signale également la présence dans ce secteur d'un camp d'internement « dans lequel sont rassemblés des éléments des anciennes forces armées du Libéria, de même que les Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie qui avaient cherché à se réfugier en Sierra Leone, se trouvent dans ce secteur. »

« Il faut espérer, fait observer Kofi Annan, que ces éléments seront rapatriés à mesure que le programme de désarmement, de démobilisation, de réinstallation et de réinsertion s'accélérera. »

Il insiste sur le problème de sécurité posé le long de la frontière avec le Libéria « en partie en raison de la présence d'anciens combattants sierra-léonais dont des concentrations ont été signalées dans certaines zones situées du côté libérien de la frontière. »

Pour prévenir des infiltrations de ces combattants, la MINUSIL et le Gouvernement sierra-léonais ont lancé en octobre 2003 l'opération Blue Vigilance. Au cours de patrouilles aériennes et terrestres conjointes, 37 points de passage, dont la plupart ne sont accessibles qu'à pied, ont été répertoriés.

Les informations collectées dans le rapport amène le Secrétaire général à recommander, « avant de passer aux dernières étapes du plan de réduction de la MINUSIL, d'évaluer de manière approfondie la situation en matière de sécurité et les progrès accomplis dans l'application des critères afin de déterminer si des ajustements, quels qu'ils soient, doivent être apportés au plan de retrait. »

« J'ai l'intention, précise-t-il, de présenter au Conseil de sécurité des recommandations fondées sur les résultats de cette évaluation dans le prochain rapport que je lui soumettrai en mars 2004. »

 

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