L'espoir de retrouver vivant les Koweïtiens portés disparus s'amenuise au fur et à mesure des travaux menés dans les fosses communes d'Iraq

17 décembre 2003
Fosses communes en Iraq

Avec l'identification des restes de 45 ressortissants koweïtiens et étrangers découverts dans des fosses communes en Iraq, la « sinistre vérité » concernant le sort des 605 personnes portées disparues en Iraq commence à se faire jour. Pour cela, il aura fallu la chute de l'ancien régime iraquien, indique le dernier rapport du Secrétaire général sur la question.

« Après les années d'atermoiements et de dénégations du gouvernement iraquien précédent, le voile est en train de se lever sur la sinistre vérité », écrit le Secrétaire général dans son rapport rendu public hier.

Si tout espoir de retrouver vivantes les 605 personnes recherchées n'a pas totalement disparu, il est de moins en moins probable d'y parvenir et pour certaines d'entre elles, il est probable que l'on restera dans l'ignorance de leur sort pendant des années, sinon pour toujours, poursuit Kofi Annan.

Douze ans après la création en 1991 de la Commission tripartite chargée de la recherche, il aura fallu l4 rapports du Secrétaire général et la nomination d'un Coordinateur spécial pour que la vérité commence à se faire jour.

Il aura surtout fallu la chute du régime de Saddam Hussein. A partir de ce moment-là, souligne Kofi Annan dans ce quatorzième rapport, la délégation iraquienne a fourni à la Commission tripartite des informations sur les sites où pouvaient se trouver les restes des détenus koweïtiens.

Le 8 juin dernier, les autorités koweïtiennes confirmaient l'identité d'un de leurs ressortissants dont la dépouille avait été découverte dans la fosse commune de Samawa. Le 27 octobre, le Chargé d'affaires de la Mission permanente du Koweït auprès de l'ONU indiquait que le nombre total des dépouilles de Koweïtiens ou de citoyens de pays tiers disparus s'élevait à 45.

Les recherches et les travaux d'identification se poursuivent à Samawa, Karbala et dans une troisième fosse commune découverte dans le Sud de l'Iraq.

De plus en plus de Koweïtiens sont désormais résignés et pensent que tous les Koweïtiens portés disparus sont probablement morts, est-il indiqué dans le rapport. Toutefois, l'Association des familles de prisonniers et détenus koweïtiens a exprimé l'espoir que certains d'entre eux étaient encore vivants.

Le Secrétaire général condamne énergiquement ces meurtres. « L'enlèvement de civils, femmes ou hommes du Koweït, leur exécution de sang-froid dans des lieux reculés de l'Iraq et une décennie de dissimulation constituent une violation grave des droits de l'homme et du droit international humanitaire. Les responsables de ces crimes odieux, spécialement ceux qui ont ordonné les exécutions, doivent être traduits en justice », déclare-t-il.

Kofi Annan indique par ailleurs que le Conseil de sécurité doit se prononcer sur l'arrêt des activités de l'ONU concernant le sort des Koweïtiens et ressortissants de pays tiers disparus en Iraq alors que le Gouvernement koweïtien a fortement encouragé la poursuite de ces activités dans une lettre adressée au Conseil.

 

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