La stabilité menacée en Afrique de l'Ouest, constate Kofi Annan

12 décembre 2003

Malgré les progrès réalisés au Libéria et en Sierra Leone, la stabilité de l'Afrique de l'Ouest est encore précaire en raison de plusieurs facteurs parmi lesquels un effectif insuffisant des forces de maintien de la paix et les mouvements trans-frontaliers de combattants, indique notamment le Secrétaire général dans un rapport paru aujourd'hui.

Evoquant tour à tour la situation dans les pays de la sous-région, Kofi Annan juge que « la stabilisation du Libéria reste une entreprise difficile dont le succès dépendra de la rapidité avec laquelle pourront être mobilisées et déployées dans l'ensemble du pays les troupes nécessaires. »

Il suggère par conséquent au Conseil d'inviter les États Membres qui ont promis de fournir des contingents à la Mission de l'ONU dans le pays, la MINUL, à tenir leur promesse aussi rapidement que possible. « J'espère aussi, ajoute-t-il, que la communauté internationale continuera de manifester son engagement sans réserve aux côtés du Libéria en créant les conditions nécessaires pour assurer le succès de la prochaine conférence des bailleurs de fonds sur le relèvement de ce pays. »

Pour « entretenir la dynamique » créée par l'engagement pris par le tout nouveau Gouvernement de transition de la Guinée-Bissau de rétablir l'état de droit et d'organiser des élections législatives avant la fin du mois de mars 2004, « il est essentiel que la communauté internationale, répondant à l'appel du Conseil de sécurité, continue d'apporter un soutien sans réserve à la Guinée-Bissau, notamment en lui apportant d'urgence l'aide financière et les autres types d'appui qui aideront les autorités à tenir leurs promesses », souligne par ailleurs le Secrétaire général dans ce rapport consacré aux progrès accomplis dans l'application des recommandations de la mission du Conseil de sécurité en Afrique de l'Ouest.

Il évoque également l'impasse dans laquelle se trouve la Côte d'Ivoire et commente : « Si on n'y met pas un terme, cette situation pourrait devenir dangereuse car elle renforcerait la partition de facto du pays, ce qui aurait des conséquences imprévisibles pour la stabilité de la Côte d'Ivoire et des pays voisins. »

Quant au calendrier et au rythme du retrait de la Mission des Nations Unies en Sierra, la MINUSIL, il précise qu'ils « tiendront compte de l'évolution de plusieurs facteurs possibles de déstabilisation, considérés comme décisifs » et cite notamment le retour éventuel d'ex-combattants sierra-léonais revenant du Libéria et la précarité de la situation dans les camps de réfugiés et de personnes déplacées.

« Pour mieux résoudre le dilemme que pose la réduction des effectifs de la MINUSIL » le Secrétaire général indique qu'il a l'intention d'envoyer dans ce pays, au début de 2004, une mission d'évaluation chargée d'apprécier les progrès accomplis par rapport aux critères censés déterminer le rythme de cette réduction.

Entre-temps, étant donné la dimension régionale de la paix et de la stabilité, souligne-t-il, « il est crucial que la MINUSIL continue de surveiller les déplacements d'éléments armés le long des frontières du Libéria afin de prévenir des incursions. »

« Cela importe d'autant plus que la MINUL prépare en ce moment même le lancement de son programme de désarmement, démobilisation et réinsertion », ajoute Kofi Annan.

Le Secrétaire général rappelle que le Conseil avait demandé que les missions déployées dans la région préparent un plan d'action réaliste visant à empêcher les mouvements de combattants étrangers à travers les frontières et mettent en place un dispositif permettant d'harmoniser leurs activités dans leurs domaines de préoccupation communs.

« Mon Représentant spécial pour l'Afrique de l'Ouest a l'intention de mettre à profit les consultations qu'il mène en permanence avec les bureaux politiques et les missions de maintien de la paix des Nations Unies dans la sous-région ainsi qu'avec d'autres partenaires pour dégager les principaux éléments d'une stratégie qui prévoirait notamment d'exploiter et de maximiser les avantages comparatifs de tous les organismes concernés et, éventuellement, de définir les modalités de leur coopération avec le Bureau des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest », indique Kofi Annan.

 

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