Kofi Annan recommande de proroger de 6 mois et de renforcer la Force de l'ONU à Chypre

Kofi Annan recommande de proroger de 6 mois et de renforcer la Force de l'ONU à Chypre

En même temps que sa prorogation pour 6 mois, Kofi Annan recommande au Conseil de sécurité de renforcer les effectifs de la Force de l'ONU à Chypre de façon à lui permettre de faire face à la situation nouvelle créée par l'ouverture de points de passage entre les secteurs grec et turc de l'île. Il souligne également que ces nouveaux éléments ne peuvent se substituer à un règlement global de la question chypriote qui ne lui semble possible sans un appui politique à ses propositions et sans un calendrier pour les mener à leur terme.

La semaine qui a suivi l'ouverture au public, le 23 avril 2003 et pour la première fois depuis près de 30 ans, des points de passage de Ledra et Pergamos par les autorités chypriotes turques, 140 000 Chypriotes grecs sont passés en direction du nord et près de 34 000 Chypriotes turcs ont traversé dans la direction opposée, indique Kofi Annan dans son rapport sur les activités de la Force de l'ONU à Chypre au cours des six derniers mois.

Toutes les composantes de la Force, la police civile des Nations Unies et la composante militaire, ont contribué à assurer le passage des personnes et des véhicules dans de bonnes conditions de sécurité et sans heurt, par la zone tampon des Nations Unies aux points de passage autorisés. Les officiers du génie de la Force ont préparé les routes et amélioré d'autres installations aux points de passage dans la zone tampon, précise le rapport.

Après que deux autres points de passage supplémentaires aient été ouverts à Strovilia et à Ayios Dometios/Metehan à Nicosie, le nombre moyen de passages par jour semble s'être stabilisé autour de 13 000 personnes, est-il également indiqué.

Mettant en avant le fait que la Force ne dispose pas des ressources nécessaires pour financer les nouvelles tâches résultant de l'afflux de population à travers la zone tampon, le Secrétaire général recommande de renforcer son effectif de 34 officiers de police civile supplémentaires.

Les événements récents ne peuvent toutefois se substituer à un règlement global, aux yeux du Secrétaire général qui affirme dans le rapport qu'il « est hautement improbable qu'on puisse parvenir à un tel règlement sans un appui politique véritable à la proposition que j'ai avancée et en l'absence d'un calendrier ferme pour la conclusion des négociations. »

"Dans les conditions actuelles, je considère que la présence de la Force sur l'île est essentielle pour maintenir le cessez-le-feu entre les deux parties", conclut Kofi Annan qui recommande par conséquent au Conseil de sécurité de proroger son mandat pour une nouvelle période de six mois, jusqu'au 15 décembre 2003.

Dans un rapport sur sa mission de bons offices à Chypre rendu public début avril, le Secrétaire général constatait l'impasse dans laquelle se trouvait le règlement de la question chypriote, faute d'un accord sur le plan qu'il avait mis 4 ans à mettre au point et il estimait que la reprise des négociations devait se faire, le cas échéant, sur l'initiative des parties chypriotes grecque et turque et sur la base des propositions de son plan de règlement. Le 14 avril, le Conseil de sécurité apportait son appui à cette position.