L'ONU redoute une catastrophe à Bunia en RDC où les combats font toujours rage

L'ONU redoute une catastrophe à Bunia en RDC où les combats font toujours rage

Personnes déplacées fuyant les combats à Bunia, en RDC
Les combats continuent à faire rage dans la ville de Bunia et dans ses environs, au Nord-Est de la République démocratique du Congo, tandis qu'une responsable de l'ONU redoutait aujourd'hui l'imminence d'une catastrophe humanitaire et évoquait le spectre du Rwanda.

Les combats continuent à faire rage dans la ville de Bunia et dans ses environs, au Nord-Est de la République démocratique du Congo tandis qu'une responsable de l'ONU redoutait aujourd'hui l'imminence d'une catastrophe humanitaire et évoquait le spectre du Rwanda.

Un porte parole de l'ONU à New York a, aujourd'hui encore, décrit une situation « extrêmement difficile et volatile » à Bunia et dans les environs. Un obus qui a atterri sur les installations de l'ONU dans le centre de la ville, a fait un mort et 13 blessés. « Je suis aujourd'hui en mesure de confirmer également le décès du civil touché hier par une balle perdue à l'intérieur du siège de la Mission de l'ONU, toujours à Bunia », a-t-il indiqué. La MONUC a également fait état de la disparition de deux observateurs militaires dont elle est sans nouvelles depuis mardi.

« Des villages entiers sont en train de se massacrer mutuellement », a, de son côté, déclaré la Coordonnatrice adjointe des secours d'urgence des Nations Unies, Carolyn McAskie, qui a indiqué que la détérioration de la situation humanitaire et les centaines de personnes tuées en quelques semaines, faisaient se lever le « spectre du Rwanda. »

Mme McAskie a évoqué « un cocktail détonnant » qui combine groupes rebelles et mécontentement à l'égard des autorités locales sur fond de haine ethnique. Elle a indiqué que l'aide humanitaire était réduite à sa plus simple expression avec une équipe de huit personnes qui distribue des feuilles de plastique servant d'abri et des biscuits protéinés.

En dépit des évacuations, les agences humanitaires et parmi elles, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), essaient de maintenir ce groupe en place, le reste du personnel se tenant près à intervenir dès que la situation serait plus sûre.

Interrogée sur l'importance des renforts militaires nécessaires pour faire cesser les combats, Carolyn McAskie a fait observer que les troupes ougandaises qui avaient réussi à contenir la violence, avaient un effectif de 7 000 à 9 000 soldats alors que celui de la MONUC s'élève actuellement à 800 personnes.

Margaret Carey qui travaille au Département des opérations de maintien de la paix de l'ONU, a pour sa part indiqué que, en tant que force de maintien de la paix, la Mission était légèrement armée mais qu'il fallait maintenant de nouvelles troupes bien entraînées et bien équipées et dotées d'un mandat qui leur permettrait de faire usage de la force.