Retour sur l’année 2022 : le 24 février, le jour où la Russie a envahi l’Ukraine

Des secouristes fouillent un bâtiment endommagé par des missiles à Zaporijjia, en Ukraine.
© UNOCHA/Dmytro Smolienko
Des secouristes fouillent un bâtiment endommagé par des missiles à Zaporijjia, en Ukraine.

Retour sur l’année 2022 : le 24 février, le jour où la Russie a envahi l’Ukraine

Paix et sécurité

Le 24 février 2022 débutait l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Au moment même où Conseil de sécurité de l’ONU tenait une réunion d’urgence sur des informations faisaient état de l’imminence d’une offensive, le Président russe Vladimir Poutine annonçait une « opération militaire ».

C’était la deuxième réunion d’urgence du Conseil de sécurité en deux jours sur la crise ukrainienne. 

« C'est le moment le plus triste de mon mandat de Secrétaire général des Nations Unies. J'ai commencé cette réunion du Conseil de sécurité en m'adressant au Président Poutine et en lui disant du fond du cœur : empêchez vos troupes d’attaquer l'Ukraine, donnez une chance à la paix car trop de gens sont morts. Au cours de la réunion, le Président Poutine a annoncé une "opération militaire spéciale" dans le Donbass et a demandé aux troupes ukrainiennes de déposer les armes », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, lors d’un point de presse à l’issue de cette réunion du Conseil de sécurité.

Président Poutine, au nom de l'humanité, ramenez vos troupes en Russie -  António Guterres

« Donc, dans les circonstances actuelles, je dois modifier mon appel. Je dois dire : Président Poutine, au nom de l'humanité, ramenez vos troupes en Russie. Au nom de l'humanité, ne permettons pas que commence en Europe ce qui pourrait être la pire guerre depuis le début du siècle, avec des conséquences non seulement dévastatrices pour l'Ukraine, non seulement tragiques pour la Fédération de Russie, mais avec un impact que nous ne pouvons même pas prévoir s’agissant des conséquences pour l'économie mondiale à un moment où nous sortons de la (pandémie de) COVID et où tant de pays en développement ont absolument besoin d'avoir de l'espace pour la reprise qui serait très, très difficile, avec les prix élevés du pétrole, avec l'arrêt des exportations de blé d'Ukraine et la hausse des taux d'intérêt causée par l'instabilité des marchés internationaux », a ajouté M. Guterres.

« Ce conflit doit cesser – maintenant », a conclu le Secrétaire général devant la presse au siège de l’ONU à New York.

Au début de la réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, alors que l'offensive n'avait pas encore été annoncée, António Guterres avait noté que « la journée d’aujourd'hui a été pleine de rumeurs et d'indications qu'une offensive contre l'Ukraine était imminente ». « Dans un passé récent, il y a eu plusieurs situations avec des indices similaires, des rumeurs similaires. Et je n'y ai jamais cru, persuadé que rien de grave n'arriverait. J'avais tort. Et je voudrais ne plus me tromper aujourd'hui », avait-il déclaré.

….. plus de 9 mois après

Une femme récupère de l'eau d'un camion à Lysychansk, en Ukraine.
UNOCHA/Oleksandr Ratushniak
Une femme récupère de l'eau d'un camion à Lysychansk, en Ukraine.

Plus de 9 mois après le début de l’invasion russe, les combats continuent en Ukraine. Russie occupe une partie du territoire ukrainien, mais les lignes de front ont changé au cours des mois écoulés, alors que le nombre de morts et de blessés, les destructions et les violations des droits humains n’ont cessé de s’accroître.

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation en Ukraine le 6 décembre, le chef de l’humanitaire des Nations Unies, Martin Griffiths, a estimé que l’ampleur des destructions commises contre les infrastructures électriques et de chauffage en Ukraine exigeait un appui international renforcé à ce pays. 

Il a indiqué que 14 millions de personnes ont quitté leurs foyers en Ukraine. Le pays compte 6,5 millions de personnes déplacées, tandis que 7,8 millions d’autres se sont réfugiées en Europe.

Au 1er décembre dernier, a-t-il précisé, on recensait 17.181 victimes civiles, dont 6.702 civils tués depuis le 24 février 2022. « Nous savons néanmoins que le bilan est beaucoup plus lourd », a reconnu le chef de l’humanitaire, ajoutant que 715 attaques contre des centres de santé ont été enregistrées en Ukraine.

M. Griffiths a également souligné que la vulnérabilité des civils est accrue en raison des températures hivernales et du manque de services de base.

Assistance humanitaire

Face à cette situation, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires a informé le Conseil de sécurité que près de 690 partenaires humanitaires, la plupart locaux, ont apporté une aide vitale à 13,5 millions de personnes. 

Près de 630.000 civils ont pu recevoir une assistance pour faire face aux rigueurs de l’hiver, tandis que 400 générateurs ont été distribués. Depuis quelques semaines, l’accès humanitaire est possible dans des régions de l’est et du sud du pays. À Kherson, de l’eau potable a été distribuée à des milliers de civils, 100.000 personnes ayant par ailleurs bénéficié d’une assistance alimentaire.  

M. Griffiths a qualifié de « sans précédent » l’appui des donateurs en Ukraine, puisque 3,1 milliards de dollars ont été reçus sur les 4,3 milliards demandés en 2022.

Un long et sombre hiver à venir

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, visite Boutcha en Ukraine.
© OHCHR/Anthony Headley
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, visite Boutcha en Ukraine.

De son côté, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a estimé que les souffrances subies par des millions de civils à travers l’Ukraine ne devaient pas devenir une nouvelle norme.

S'exprimant dans la capitale ukrainienne, Kyïv, le 7 décembre, après une visite officielle de quatre jours dans le pays, il a dit craindre pour tous ceux qui étaient pris dans le « long et sombre hiver à venir ».

Il a confirmé que les conséquences de la guerre sur les droits humains en Ukraine étaient dévastatrices. « Le pronostic est très inquiétant », a déclaré M. Türk, ajoutant que son bureau continuait de recevoir des informations sur des crimes de guerre « chaque jour ».

« Des informations continuent d'émerger sur les exécutions sommaires, la torture, la détention arbitraire, les disparitions forcées et les violences sexuelles contre les femmes, les filles et les hommes », a-t-il souligné.