Le Chef de l’ONU appelle à ce que les essais cessent une fois pour toutes

Un essai nucléaire réalisé sur une île de Polynésie française en 1971.
OTICE
Un essai nucléaire réalisé sur une île de Polynésie française en 1971.

Le Chef de l’ONU appelle à ce que les essais cessent une fois pour toutes

Droit et prévention du crime

La Journée internationale contre les essais nucléaires, célébrée le 29 août de chaque année, est l’occasion pour le monde de prendre conscience des dommages catastrophiques et persistants causés au nom de la course aux armements nucléaires, a déclaré le Secrétaire général de l’ONU António Guterres.

« Des steppes du Kazakhstan aux eaux cristallines de l’océan Pacifique, en passant par les déserts de l’Australie, voilà trop longtemps que les essais nucléaires empoisonnent le milieu naturel de notre planète ainsi que les espèces et les personnes qui l’habitent », a-t-il déclaré. 

Les risques nucléaires atteignent de nouveaux sommets

Cette journée est non seulement une façon de se souvenir de celles et ceux qui ont fait les frais des jeux dangereux auxquels le monde s’est risqué dans toute sa folie atomique mais aussi de « pousser un cri d’alarme pour que le monde mette enfin en place une interdiction juridiquement contraignante de tous les essais nucléaires », a-t-il insisté. 

« Les risques nucléaires atteignent de nouveaux sommets, et il est temps que le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires entre pleinement en vigueur, avec l’appui d’un système de vérification efficace ». 

Des manifestants demandent l'interdiction des armes nucléaires.
ICAN/Tim Wright
Des manifestants demandent l'interdiction des armes nucléaires.

Risques accrus 

Cette journée survient alors que la dixième Conférence d'examen des parties au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) s’est terminée, vendredi soir, sans avoir pu répondre aux défis pressants qui menacent la sécurité collective mondiale.  

Après quatre semaines d'intenses discussions au siège de l'ONU à New York, la conférence s’est achevée sans document final, la Russie s'étant opposée au texte, en raison de mentions relatives à sa prise de contrôle d'installations nucléaires ukrainiennes.

Le Secrétaire général s'est dit déçu que les pays n'aient pas été en mesure de parvenir à un consensus sur un « résultat substantiel », de saisir l'occasion de renforcer et d'actualiser un traité signé voici 52 ans, ni de faire progresser ses objectifs, a déclaré le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, dans un communiqué.

« L'environnement international tendu et le risque accru d'utilisation d'armes nucléaires, par accident ou par erreur de calcul, exigent une action urgente et résolue », a déclaré M. Dujarric.

« Le Secrétaire général appelle tous les États à utiliser toutes les voies du dialogue, de la diplomatie et de la négociation pour apaiser les tensions, réduire le risque nucléaire et éliminer la menace nucléaire une fois pour toutes », a-t-il ajouté. « Un monde exempt d'armes nucléaires reste la plus grande priorité des Nations Unies en matière de désarmement et un objectif auquel le Secrétaire général reste fermement attaché ».

Rappelons que le TNP, qui est entré en vigueur en mars 1970, est le seul engagement contraignant envers l'objectif de désarmement des États détenant officiellement des armes nucléaires.   

Il s'articule autour de trois piliers - le désarmement, la non-prolifération et les utilisations pacifiques de l'énergie nucléaire - et 191 pays y ont adhéré à ce jour.

Un monde sans armes nucléaires 

Le Secrétaire général a donc réaffirmé dans son message à l’occasion de la journée internationale que les armes nucléaires n’avaient « pas leur place dans notre monde. Elles ne garantissent ni la victoire ni la sécurité. Elles ont été créées avec pour seul dessein la destruction ». 

Le monde étant « l’otage de ces engins de mort depuis trop longtemps », António Guterres a appelé le monde à agir « pour la santé et la survie des personnes et de la planète ». 

« Faisons en sorte que les essais cessent une fois pour toutes et que les armes nucléaires appartiennent définitivement au passé », a-t-il conclu.