« Au 21ème siècle, les essais nucléaires sont tout simplement inacceptables »

9 septembre 2019

Plusieurs hauts responsables des Nations Unies ont, à nouveau, appelé lundi tous les Etats à mettre fin aux essais nucléaires partout dans le monde.

Le risque de prolifération nucléaire et la menace du terrorisme nucléaire continuent de poser de grands défis à la communauté internationale, a averti lundi le Secrétaire exécutif de l’Organisation du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (OTICE), Lassina Zerbo, en ouvrant la commémoration de la Journée internationale contre les essais nucléaires au siège de l’ONU à New York.

« J'espère que la commémoration d'aujourd'hui aidera les pays à prendre des mesures concrètes qui nous permettront enfin d'atteindre notre objectif d'un monde exempt de dangers liés aux essais nucléaires », a déclaré le Dr Lassina Zerbo dans la salle de l’Assemblée générale des Nations Unies où était organisée la Journée. « Et la seule voie qui nous mènera à ce noble objectif passe par la vérifiabilité du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICE) et son universalisation », a-t-il ajouté.

Respectons la volonté des États membres exempts de zones libres d'armes nucléaires, de renoncer aux armes nucléaires et aux essais nucléaires dans leur région

L'entrée en vigueur du TICE et la réalisation de l'objectif d'un monde exempt de dangers liés aux essais nucléaires exigeront des efforts multilatéraux concertés et soutenus à chaque étape, a souligné le Secrétaire exécutif, appelant les Etats à faire preuve de leadership en prenant des décisions même si elles sont difficiles.

« Adoptons des solutions multilatérales qui constituent le moyen le plus efficace et, en fin de compte, le plus nécessaire de faire face à la menace de la prolifération nucléaire », a dit le Dr Zerbo.
 

Photo ONU/Eskinder Debebe
L'ancien site d'essais nucléaires de Semipalatinsk, au Kazakhstan. Photo ONU/Eskinder Debebe

 

Tout le monde a un rôle à jouer

Le chef de l'OTICE a rappelé que c'était la prise de décision au plus haut niveau, mais aussi l’engagement de la société civile, d’artistes et de scientifiques qui avait conduit à la fermeture définitive, en 1991, du site d'essai de Semipalatinsk, au Kazakhstan, qui a connu près de 500 essais nucléaires sous l’Union soviétique.  

Les scientifiques, les diplomates, les politiciens, les universitaires, les médias et toute la société civile y compris les jeunes peuvent jouer un rôle en faveur d'un avenir pacifique exempt des dangers des essais nucléaires.

Le Kazakhstan avait été à l’époque le premier pays à déciderd’être exempt d’arme nucléaires et à renvoyer son arsenal en Russie.

Le Dr Zerbo a également loué l’engagement de Karipbek Kuyukov, qui, après être né sans bras à la suite d'une exposition aux radiations nucléaires, a consacré sa vie à faire en sorte que personne d'autre ne souffre des effets destructeurs des essais nucléaires.

« Sans la coopération scientifique internationale qui a jeté les bases de son régime de vérification, nous ne serions pas en mesure de dire aujourd'hui avec certitude que le système est prêt à assurer une vérification adéquate du Traité.  Et sans la diplomatie multilatérale qui s'est déroulée au cours des cinq dernières décennies, nous n'aurions pas du tout le TICE », a expliqué le scientifique primé.

Selon le Dr Zerbo, les scientifiques, les diplomates, les politiciens, les universitaires, les médias et toute la société civile y compris les jeunes peuvent jouer un rôle.

« La prochaine génération, avec son intuition et son esprit d'innovation, a contribué et continuera de contribuer à la cause. Le Groupe de jeunes de l'OTICE, qui compte plus de 700 membres, s'est prononcé en faveur d'un avenir pacifique et prospère, exempt des dangers des essais nucléaires », a ajouté le Dr Zerbo, tout en rappelant « qu’en fin de compte, ce sont les États eux-mêmes qui prendront la décision souveraine de se joindre ou non au consensus international écrasant contre les essais nucléaires ».

 « Respectons la volonté des États Membres dotés de zones libres d'armes nucléaires, de renoncer aux armes nucléaires et aux essais nucléaires dans leur région », a lancé le Secrétaire exécutif de l’OTICE.

Le Secrétaire général de l’ONU a, pour sa part, souligné que les essais nucléaires ne sont tout simplement pas acceptables au 21ème siècle.

« Il n'est pas acceptable de détruire et de contaminer l'environnement. Il n’est pas acceptable que des populations locales souffrent de retombées radioactives et d’autres sous-produits nucléaires », a déclaré António Guterres. « Et il n’est pas acceptable d’empêcher l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires et de mettre en suspens une restriction utile à la prolifération qualitative et quantitative des armes nucléaires ains qu’un progrès concret vers leur élimination totale.

La Présidente de l’Assemblée générale des Nations Unies, Maria Fernanda Espinosa, estime que les armes et les essais nucléaires sont totalement en contradiction avec notre engagement envers le Programme de développement durable à l'horizon 2030.

« Non seulement ils affectent les gens, mais également notre planète, notre prospérité, notre capacité à forger les partenariats dont nous avons besoin et nos perspectives de paix », a déclaré Mme Espinosa.

Le Secrétaire général de l’ONU, la Présidente de l’Assemblée générale des Nations Unies et le Secrétaire exécutif de l’OTICE ont appelé les Etats membres qui ne l’ont pas encore fait à signer et à ratifier le TICE. Un appel urgent que M. Guterres a notamment lancé aux huit États, qui ne l'ont ni signé, ni ratifié, à savoir la Chine, la Corée du Nord, l'Egypte, l'Inde, l'Iran, Israël, le Pakistan et les États-Unis).

 

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