Somalie : plus de 30.000 personnes déplacées par la sécheresse en mai (HCR)

13 juin 2022

En Somalie, la sécheresse menace des milliers de personnes et la dégradation des conditions climatiques dans ce pays a entraîné le déplacement de milliers de personnes contraintes de fuir leur foyer à la recherche d’une aide humanitaire, notamment de vivres, d’abris et d’eau potable, ont alerté lundi des agences des Nations Unies.

Confronté à l’une des pires sécheresses depuis des décennies et avec des mécanismes de survie des populations qui ont été érodés, les populations somaliennes continuent de fuir les zones arides, ont indiqué l’Agence de l’ONU pour les réfugiés (HCR) et le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).

Pour le seul mois de mai 2022, plus de 100.000 nouveaux déplacements internes ont été recensés.

Dans ce lot, plus de 33.000 déplacements ont été déclenchés par la sécheresse ou le manque de moyens de subsistance. Dans le même temps, « plus de 73.000 étaient liés à un conflit / à l’insécurité et 534 personnes ont été déplacées pour d’autres raisons, ainsi que 18 personnes déplacées en raison d’inondations », a détaillé le HCR.

Les déplacés s’orientent généralement vers les régions de Togdheer et Banadir

Depuis des mois, la Somalie s’enfonce dans une grave crise alimentaire causée par une sécheresse d’une ampleur inédite depuis au moins 40 ans, qui touche également les pays voisins de l’Ethiopie et du Kenya. Les organisations humanitaires ne cessent d’alerter sur le risque - chaque jour plus réel - d’une famine dans la région.

Les quatre dernières saisons des pluies depuis fin 2020 ont été insuffisantes. Et aujourd’hui, plus de 7 millions de Somaliens, soit près de la moitié de la population, vivent dans la faim, dont 213.000 sont au bord de la famine, selon l’ONU.

Deux régions, Togdheer et Banadir, ont accueilli la plupart des personnes déplacées (26% et 22% respectivement). Cette situation contraste avec celle d’avril 2022, où Banadir, Galgaduud et Gedo étaient les régions les plus touchées.

Dans le même temps, plus de 100.000 Somaliens de retour dans leur pays

Plus largement, cette « hausse significative » des mouvements observée en janvier 2022 pourrait être liée à l’interconnexion entre le conflit et les déplacements induits par la sécheresse. « Par exemple, si les personnes chargées de la collecte des données ont pu identifier la sécheresse comme la principale cause de déplacement, le conflit a certainement été un facteur également », précise toutefois le HCR.

Malgré ces mouvements de déplacements à l’intérieur de la Somalie, d’autres mobilités sont constatées depuis l’extérieur. Selon l’Agence de l’ONU pour les réfugiés, plus de 135.000 Somaliens sont rentrés dans leur pays. Ce chiffre inclut le rapatriement volontaire du Kenya (plus de 85.000) et les retours spontanés assistés du Yémen (5.400).

Près de 42.000 Somaliens ont été suivis comme arrivant du Yémen depuis mars 2015. Il y a également les retours en provenance d’autres pays comprennent Djibouti (773), la Libye (693), le Soudan (147), l’Érythrée (87), l’Angola, la Tunisie, le Pakistan, la Gambie, le Chili et d’autres pays (22).

 

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