Le Programme alimentaire mondial continue de soutenir les familles de la région de l'Extrême-Nord du Cameroun en leur fournissant des rations alimentaires.

Cameroun : reprise des activités humanitaires dans la région de l’Extrême-Nord (ONU)

© WFP/Glory Ndaka
Le Programme alimentaire mondial continue de soutenir les familles de la région de l'Extrême-Nord du Cameroun en leur fournissant des rations alimentaires.

Cameroun : reprise des activités humanitaires dans la région de l’Extrême-Nord (ONU)

Paix et sécurité

Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) a annoncé mercredi que les acteurs humanitaires ont repris leurs activités humanitaires dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun.

Depuis l’arrivée des missions gouvernementales qui ont transmis un message de paix et de réconciliation, les humanitaires ont observé un retour au calme progressif dans les localités affectées.

« Après deux semaines de limitation des mouvements dans le département du Logone et Chari pour les agences des Nations unies et certaines organisations non-gouvernementales du fait de l’insécurité, les acteurs humanitaires reprennent progressivement les activités au gré de l’évolution de la situation sécuritaire », a indiqué l’OCHA dans son dernier bulletin humanitaire. 

Les évaluations multi-sectorielles rapides des besoins ont été menées par son mécanisme de réponse d’urgence (RRM) et le Comité International de la Croix-Rouge (CICR).

Depuis le 5 décembre 2021, un conflit intercommunautaire a éclaté dans l’arrondissement de Logone Birni et s’est propagé à partir du 8 décembre dans le reste du département du Logone et Chari et dans les départements du Mayo-Danay et du Diamaré. 

Ces violences ont causé la mort d’au moins 44 personnes et blessé une centaine, ainsi que de nombreux dégâts matériels ainsi que des incendies de commerces, maisons et marchés, entrainants d’importants déplacements de populations. 

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Près de 125.000 personnes déplacées

Ces affrontements intercommunautaires ont forcé près de 125.000 personnes à quitter leur foyer. Selon l’agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), plus de 104.000 personnes ont fui vers le Tchad voisin ces derniers jours, tandis que près de 20.000 Camerounais ont été contraints de quitter leur foyer pour se mettre à l’abri ailleurs à l’intérieur de leur pays.

Mais « depuis l’arrivée des missions gouvernementales qui ont transmis un message de paix et de réconciliation du chef de l’état », les organismes humanitaires ont observé « un retour au calme progressif dans les localités affectées ». Cette accalmie a permis au HCR de commencer l’implantation de deux blocs d’abris communautaires d’urgence d’une capacité de 300 personnes dans le site de Domayo.
 
De leur côté, l’agence de l’ONU pour les migrations (OIM) et ses partenaires ont fini la construction de huit abris communautaires d’urgence d’une capacité de 80 personnes sur le site de Domayo. A ce même site d’hébergement des déplacés internes, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis à disposition des tests de diagnostiques rapides (TDR) du paludisme, ainsi que des intrants constitués d’antipaludéens et d’antibiotiques.

Mobilisation des autorités et des humanitaires

Selon l’OCHA, de nombreux cas de paludisme de forme grave ont été traités sur place ainsi que des cas de maladies diarrhéiques ont été référés au Centre de Santé Intégré (CSI) de Domayo pour la prise en charge. 

De leur côté, les autorités locales de Diamaré ont procédé à la distribution des dons issus de la solidarité des populations qui ont bien voulu apporter leur soutien aux familles déplacées dans la ville de Maroua. Les dons étaient constitués de sacs de riz, de cartons d’huile, de sucre, des pâtes alimentaires, de savons et de nattes. 

A Kousseri, le Chef de l’état a envoyé un don aux déplacés internes. Celui-ci est composé de 1.050 nattes, 700 moustiquaires, 170 cartons de légumes secs, 82 cartons de poissons secs, 100 sacs de sel, 60 sacs de cubes, 55 sacs de haricots blancs, 55 sacs d’arachide, 130 cartons de détergents, 3 200 sacs de riz de 50kg, 1.300 cartons d’huile, 1.100 bouilloires, et 40 bœufs. 60 % du don est allé aux réfugiés Camerounais au Tchad et 40 % aux déplacés internes dans le Logone et Chari.