Des jeunes filles devant leur école endommagée par une tempête sur les rives du lac Tanganyika en République démocratique du Congo.

COP26 : seul un tiers des plans nationaux climatiques sont adaptés aux enfants (UNICEF)

UNICEF/Nicolas Rice-Chudeau
Des jeunes filles devant leur école endommagée par une tempête sur les rives du lac Tanganyika en République démocratique du Congo.

COP26 : seul un tiers des plans nationaux climatiques sont adaptés aux enfants (UNICEF)

Climat et environnement

Alors que l’année 2021 devrait être l’une des plus chaudes jamais enregistrées (OMM) et même s’ils parlent une fois de plus de l’impact de la crise climatique sur les enfants, les dirigeants sont encore trop peu nombreux à transformer leurs paroles en actes significatifs tenant réellement compte des enfants, a regretté mardi le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).

« Nous avons examiné les contributions déterminées au niveau national, qui ont été mises à jour avant la COP26, où je me trouve actuellement », a déclaré par visioconférence lors d’un point de presse à Genève, Gautam Narasimhan, responsable mondial de l’UNICEF pour le climat, l’énergie et l’environnement, ajoutant « sur les 103 plans nationaux, seuls 35 d’entre eux - soit environ un tiers - sont adaptés aux enfants ». 

En effet, selon une nouvelle analyse de l’UNICEF publiée mardi, deux tiers des plans d’adaptation climatique des pays ne tiennent pas compte des besoins des enfants. 

L'ouragan Iota a causé des destructions et des inondations dans tout le Nicaragua, laissant des milliers de personnes sans abri.
© UNICEF/Inti Ocon/AFP-Services
L'ouragan Iota a causé des destructions et des inondations dans tout le Nicaragua, laissant des milliers de personnes sans abri.

Seuls 12% des pays indiquent que des enfants ont participé à l’élaboration de leur plan

Ces plans climatiques nationaux sont soumis par les pays qui ont signé l’Accord de Paris et décrivent les mesures qu’ils s’engagent à prendre pour atteindre ses objectifs.

L’analyse de l’UNICEF montre que seul un plan sur cinq fait référence aux droits de l’enfant ou à la justice et l’équité intergénérationnelles de manière significative.  

Seuls 12% indiquent que des enfants ont participé à l’élaboration du plan. 

« Les pays tiennent les bons discours sur la prise en compte et l’inclusion des enfants, mais leurs plans climatiques ne tiennent pas leurs promesses », a souligné M. Narasimhan. « Les jeunes apportent du leadership et des idées à la table des négociations et pourtant, les dirigeants continuent de répondre du bout des lèvres à leurs demandes ».

Un million d'arbres ont été plantés dans le cadre d'un effort de restauration en République démocratique du Congo.
CIFOR/Axel Fassio
Un million d'arbres ont été plantés dans le cadre d'un effort de restauration en République démocratique du Congo.

Placer les intérêts des enfants au cœur de toutes les décisions

Pour répondre à la crise climatique, l’UNICEF veut que la communauté internationale place « les intérêts des enfants au cœur de toutes les décisions ». 

Le Fonds implore les gouvernements de prendre certaines mesures, en augmentant les investissements dans l’adaptation et la résilience au climat, par exemple. 

Pour l’UNICEF, il est essentiel de renforcer la résilience des services sociaux dont ces enfants dépendent - eau, santé et éducation - pour réduire les risques auxquels ils seront confrontés. 

De plus, l’agence onusienne exhorte les pays développés à dépasser leur promesse de 2009 de mobiliser 100 milliards de dollars américain par an pour le financement du climat. 

Les jeunes doivent être inclus dans toutes les négociations et décisions sur le climat car la crise climatique est une crise des droits de l’enfant

Il s’agit aussi de réduire les émissions de gaz à effet de serre. 

« Les enfants du monde ne peuvent pas se permettre d’attendre davantage », a fait valoir M. Narasimhan, exhortant « les pays à réduire leurs émissions d’au moins 45% (par rapport aux niveaux de 2010) d’ici à 2030 afin de limiter le réchauffement à 1,5 degré Celsius ». 

La crise climatique est une crise des droits de l’enfant

Les jeunes doivent être inclus dans toutes les négociations et décisions sur le climat car « la crise climatique est une crise des droits de l’enfant », a insisté le responsable mondial de l’UNICEF pour le climat, l’énergie et l’environnement.  

A noter qu’en août dernier, l’UNICEF avait publié l’indice de risque climatique des enfants, qui révèle que 99% des 2,2 milliards d’enfants dans le monde - soit la quasi-totalité d’entre eux - sont exposés à au moins une menace environnementale, notamment les vagues de chaleur, les cyclones, les inondations, la sécheresse, les maladies à transmission vectorielle ou la pollution atmosphérique.  

Environ un milliard d’enfants vivent dans des pays qui courent un « risque extrêmement élevé » de subir les menaces du changement climatique. Ces enfants sont confrontés à des chocs climatiques multiples et cumulatifs, qui menacent leur santé, leur éducation et leur survie.