Afghanistan : l’ONU reste aux côtés des femmes et filles afghanes

18 octobre 2021

« Les femmes afghanes sont progressivement exclues de la sphère publique et il leur est notamment interdit de se retrouver dans l’espace public sans la présence d’un tuteur masculin », a alerté lundi à Genève, un haut responsable du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH).  

Même si les talibans ont exprimé leurs engagements en faveur du respect de tous les droits des femmes et se sont engagés à prendre des mesures concrètes dans ce domaine en coopération avec la communauté internationale, les services de la Haut-Commissaire Michelle Bachelet ont déploré que les pratiques sur le terrain soient en contradiction avec ces engagements. C’est le cas des filles de plus de 12 ans, qui ont été exclues de l’école.

Dans le même temps, « les étudiants universitaires ont fait l’objet d’une ségrégation sexuelle, les étudiantes devant recevoir des cours dispensés par des professeurs femmes - qui sont très peu nombreuses », a déclaré Mahamane Cissé-Gouro, Responsable de la Division des opérations sur le terrain et de la coopération technique du HCDH

Craintes d’un retour à différentes formes de brutalités des années 90

D’une manière générale, les événements en Afghanistan ont attiré beaucoup d’attention, eu égard notamment aux craintes d’un retour à différentes formes de brutalités contre les femmes. « La prise rapide du pouvoir par les talibans a fait craindre un retour à la répression brutale et systématique des femmes dans les années 1990 », a ajouté M. Cissé-Gouro.

Pourtant dans une lettre adressée aux Nations Unies, les talibans ont annoncé leur « attachement à tous les droits des femmes [...] à la lumière de la religion et de la culture ». Les nouvelles autorités de Kaboul se sont également engagées à « prendre progressivement des mesures concrètes avec l’aide de la communauté internationale ». 

A présent, M. Cissé-Gouro a dit espérer que ceux qui sont au pouvoir en Afghanistan tiendront compte du droit international humanitaire et des droits de l’homme pour prévenir les violences à l’encontre des femmes et leur permettre d’avoir un accès égal à tous les services, ainsi qu’à la culture et au sport.  

Des femmes afghanes marchent vers Kishm dans le Badakshan
UNAMA/Torpekai Amarkhel
Des femmes afghanes marchent vers Kishm dans le Badakshan

Les femmes doivent être libres de se déplacer sans entrave ni restriction spécifique

En attendant, les services de Mme Bachelet ont regretté que l’ancienne Ministre aux affaires de la femme ait été licenciée et que les locaux de cet ancien Ministère soient aujourd’hui occupés par un Ministère pour la propagation de la vertu et la prévention du vice, avec des bureaux uniquement occupés par des hommes.  

Pour l’ONU, il s’agit d’un « bureau exclusivement masculin qui appliquera des directives sur les tenues et les comportements appropriés ».

Face à ces derniers développements, le Secrétaire général de l’ONU avait clairement indiqué que les Nations Unies s’engageraient auprès des talibans pour promouvoir les droits de l’homme des Afghans, en accordant une attention particulière aux droits des femmes et des filles. Pour les services de Mme Bachelet, cela signifie que les femmes et les filles doivent être « libres de se déplacer sans entrave ni restriction spécifique ».

Les femmes et les filles afghanes sont confrontées à des défis extraordinaires

Selon l’ONU, elles doivent également avoir un accès complet et égal aux services essentiels, y compris, mais sans s’y limiter, aux soins de santé et à tous les niveaux d’éducation. « Cela veut également que le droit des femmes et des filles à vivre à l’abri de la violence sexiste doit être respecté », a expliqué le Responsable de la Division des opérations sur le terrain et de la coopération technique du HCDH. 

Une façon pour le Haut-Commissariat de rappeler que les femmes et les filles doivent pouvoir participer de manière significative à la vie publique, à la prise de décision et à l’espace civique ainsi qu’à la vie culturelle, y compris le sport. 

« En ce moment critique, où les femmes et les filles d’Afghanistan sont confrontées à des défis extraordinaires, le Haut-Commissaire a clairement indiqué que nous resterons à leurs côtés - et je sais que votre Comité et les autres mécanismes des droits de l’homme feront de même », a conclu M. Cissé-Gouro.

 

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