Conseil des droits de l’homme : la situation en Afghanistan continue de se détériorer sous les Talibans

14 septembre 2021

Les Talibans n’ont déjà pas tenu leurs engagements de protéger les femmes et les droits humains, a alerté, mardi devant le Conseil des droits de l’homme, l’Ambassadeur afghan auprès des Nations Unies à Genève.

« Les Talibans ont promis de respecter les droits des femmes, mais ces droits disparaissent du paysage », a déclaré Nasir Ahmad Andisha, qui reste accrédité auprès des organes des Nations Unies malgré la chute du gouvernement précédent qu’il représente. Selon lui, les femmes et les filles sont particulièrement menacées.

« La liberté de mouvement des femmes, leur accès à l’éducation, leur liberté de travailler et leur participation à la politique et aux politiques ont été restreints, tandis que la violence et la discrimination à l’égard des femmes et des filles restent omniprésentes », a-t-il expliqué.

Pour le Représentant afghan, la communauté internationale « ne peut être et ne devrait être silencieuse » face aux violations des droits humains et à la situation humanitaire. D’autant que « des millions de personnes craignent pour leur vie et des crises humanitaires et de droits de l’homme se déroulent dans le pays ». 

Poursuite des violences dans le Panshir

« Contrairement à l’optimisme prudent auparavant, la situation en Afghanistan continue de se détériorer sous les talibans », a affirmé l’Ambassadeur Nasir Andisha. Selon lui, le nouveau gouvernement provisoire, dont sont exclues les femmes et les minorités, sape l’unité nationale et la diversité sociale.

« L’annonce d’un prétendu cabinet de transition menace l’unité nationale, conduit à des tensions accrues et montre que les talibans font fi des principes internationaux », a insisté le Représentant permanent.

Par ailleurs, M. Andisha a déploré la poursuite des violences dans le Panshir. Dans cette région, des exécutions ciblées et extrajudiciaires mais aussi des disparitions forcées ont eu lieu depuis quelques semaines. « Les exécutions extrajudiciaires de jeunes garçons, les disparitions forcées et les déplacements massifs dont les médias ont eu connaissance donnent un aperçu des crimes commis au cours des deux dernières semaines », a-t-il fait valoir.

Des femmes marchant dans les rues de Jalalabad, en Afghanistan (archive)
Photo ONU/Fardin Waezi
Des femmes marchant dans les rues de Jalalabad, en Afghanistan (archive)

Le peuple afghan a besoin de l’action de la communauté internationale

De nouvelles restrictions sont imposées aux médias, a ajouté la délégation. Et les manifestations de groupes de femmes sont « violemment réprimées », parfois à l’aide de balles réelles à Kaboul, Mazar-i-Sharif et dans d’autres villes d’Afghanistan. « Des photos circulant en ligne montrent les corps torturés et meurtris des deux journalistes qui ont été arrêtés », a-t-il dit. 

Face à ces abus, il a appelé la communauté internationale à condamner la répression de ces manifestations pacifiques et à soutenir le peuple afghan dans la défense de ses droits. « Malgré les efforts d’évacuation déployés, le retrait des troupes étrangères et des individus a laissé de nombreuses personnes sur le terrain », a conclu l’Ambassadeur, relevant que « le peuple afghan a plus que jamais besoin de l’action de la communauté internationale ».

Nasir Ahmad Andisha a présenté le 1er avril 2019 à Genève, les pouvoirs l’accréditant comme Représentant permanent de la République islamique d’Afghanistan auprès de l’ONU à Genève.

 

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