Développement durable : « Au lieu de progresser, nous nous éloignons davantage de nos objectifs », alerte Guterres

13 juillet 2021

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé mardi les Etats membres à la mobilisation pour mettre fin à la pandémie de Covid-19 et relancer les efforts pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) d’ici 2030.

« Il y a un an, nous nous sommes réunis à ce Forum alors que notre monde était confronté à une immense incertitude. La crise de la Covid-19 avait déjà fait plus de 200.000 morts et l'économie mondiale était en chute libre. Depuis lors, la pandémie a fait 4 millions de morts et a ravagé l'économie mondiale », a souligné le chef de l'ONU à l'ouverture du segment ministériel du Forum politique de haut niveau sur le développement durable.

Il a rappelé que son dernier rapport adressé à ce Forum montre que la pandémie de Covid-19 a eu un impact dramatique sur les progrès vers les Objectifs de développement durable.

« Ce Forum politique de haut niveau a pour objectif d'évaluer les progrès accomplis dans l'Agenda 2030. Mais nous devons faire face aux faits. Au lieu de progresser, nous nous éloignons davantage de nos objectifs », a déploré le Secrétaire général.

Quatre domaines clés où agir

Pour mettre fin à la pandémie partout et remettre les ODD sur les rails, il a appelé à une action décisive dans quatre domaines clés.

« Premièrement, tout le monde, partout, doit avoir accès aux vaccins, aux tests, aux traitements et à un soutien contre la Covid-19 », a-t-il dit.

Il a noté que l'accès à ces outils, en particulier aux vaccins, est inégal dans le monde et à l'intérieur des pays. « Un écart de vaccination mondial nous menace tous car à mesure que le virus mute, il pourrait devenir encore plus transmissible, voire plus mortel », a-t-il prévenu.

Selon le chef de l’ONU, le monde a besoin d'un plan mondial de vaccination pour au moins doubler la production de vaccins, assurer une distribution équitable par le biais du mécanisme de solidarité mondiale COVAX, coordonner la mise en œuvre et le financement, et soutenir les programmes nationaux de vaccination.

« Deuxièmement, nous avons besoin d'une action climatique urgente et ambitieuse, y compris en matière de financement », a plaidé le Secrétaire général.

Selon lui, un mouvement prometteur pour la neutralité carbone se dessine aujourd'hui. D'ici le mois prochain, les pays représentant plus de 65% des gaz à effet de serre nocifs et plus de 70% de l'économie mondiale se seront engagés à atteindre zéro émission nette.

« Mais nous avons toujours du mal à maintenir l'augmentation de la température mondiale à l'objectif de 1,5 degré Celsius de l'Accord de Paris. Nous avons besoin que tous les pays s'engagent à atteindre le zéro net d'ici le milieu du siècle et à présenter des contributions déterminées au niveau national visant à réduire les émissions mondiales de 45% d'ici 2030, par rapport aux niveaux de 2010 », a dit M. Guterres.

Investir dans des sociétés plus inclusives

« Troisièmement, nous devons tirer les leçons de cette crise et investir dans des sociétés plus égalitaires et inclusives », a-t-il déclaré.

Selon lui, cela demande à chaque pays de fournir une base d'opportunités pour tous - en élargissant l'accès à la couverture sanitaire universelle, à la protection sociale, à une éducation de qualité et à la connectivité numérique.

« Nous devons nous concentrer sur l'impact transformateur de l'évolution de la dynamique du pouvoir, à travers des mesures ambitieuses pour l'égalité des sexes et un leadership équilibré entre les sexes dans tous les domaines, et des mesures ciblées pour assurer l'inclusion économique des femmes. Il faut une tolérance zéro envers toute forme de violence à l'égard des femmes », a-t-il dit.

« Quatrièmement, et cela sous-tend les progrès dans ces trois domaines, le financement du développement », a déclaré le Secrétaire général.

Il a noté que de nombreux pays en développement ne peuvent pas se permettre d'investir dans la riposte à la pandémie ou le redressement, en raison des paiements d'intérêts paralysants et des possibilités réduites d'augmenter les impôts.

« En retardant une forte reprise mondiale, cette crise de liquidité pourrait finir par coûter des milliers de milliards de dollars mondiaux et créer de nouveaux points chauds géographiques de pauvreté et de privation », a-t-il dit. « La solidarité et l'intérêt personnel dictent que les économies avancées devraient prolonger une bouée de sauvetage économique ».

« Nous sommes à une époque charnière – pour les personnes, les sociétés, les économies et notre planète. Nous devons nous mobiliser ensemble pour faire face à cette crise », a conclu le chef de l’ONU.

 

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