Des élections crédibles peuvent contribuer à propulser l'Iraq vers un « avenir sûr et prospère »

11 mai 2021

Un processus électoral fiable avec une « participation libre et étendue » peut conduire l'Iraq vers un « avenir sûr et prospère », a déclaré mardi l'envoyée de l'ONU pour ce pays au Conseil de sécurité.

« La façon d'exprimer sa voix, de faire son choix, c'est dans les urnes. Cet exercice démocratique essentiel exige que chaque électeur, candidat, journaliste et activiste joue son rôle », a déclaré Jeanine Hennis-Plasschaert, Représentante spéciale et cheffe de la Mission d'assistance des Nations Unies pour l'Iraq (MANUI), aux ambassadeurs par vidéotéléconférence depuis Bagdad.

Elle a déclaré que les Iraquiens se sont exprimés « haut et fort » en réclamant de nouvelles élections, et que leur échec provoquerait « une colère et une désillusion importantes, durables et généralisées » qui pourraient déstabiliser davantage le pays à un moment où « la force et l'unité sont désespérément nécessaires ».

Soulignant que les élections prévues en octobre resteront « détenues et dirigées par les Iraquiens », l'envoyée des Nations Unies a réitéré son appel à préserver l'intégrité du processus, en mettant en garde contre les « pressions et interférences politiques, les intimidations et les flux financiers illicites » qui compromettraient leur crédibilité.

Punir les auteurs de crimes

L'obligation de rendre des comptes pour les crimes graves et les violations des droits de l'homme, tels que les assassinats ciblés, les enlèvements et les actes d'intimidation, reste « très, très limitée », a déclaré le chef de la MANUI, avertissant que l'impunité ne peut que renforcer les auteurs de ces crimes et éroder davantage la confiance dans l'État.

Malgré les déclarations publiques exprimant l'intention de garantir l'obligation de rendre des comptes et d'établir des comités d'enquête, « il y a eu peu de poursuites pour les meurtres et les blessures graves infligés aux manifestants », a-t-elle déclaré.

La hausse du chômage, des années de corruption et des services publics défaillants avaient suscité des manifestations antigouvernementales massives au début du mois d'octobre 2019. Pourtant, à ce jour, aucune information n'a été rendue publique sur les schémas des attaques violentes contre les manifestants et les critiques, attribuées à des acteurs armés dits non identifiés.

Kurdistan

Abordant une restriction de la liberté d'expression dans la région du Kurdistan, Mme Hennis-Plasschaert a indiqué au Conseil que les critiques risquent de faire l'objet d'intimidations, de restrictions de mouvement et d'arrestations arbitraires, ajoutant que certains ont même été poursuivis en vertu des lois sur la sécurité nationale.

Pendant que les représentants des gouvernements fédéral et régional du Kurdistan discutent des dispositions en matière de sécurité, les progrès restent lents en matière d'administration et de reconstruction.

« L'absence d'un dialogue institutionnalisé et d'un mécanisme de mise en œuvre entre Bagdad et Erbil est ressentie négativement, alimentant les perceptions erronées et la méfiance », a déclaré le fonctionnaire des Nations Unies.

Une note positive a été l'adoption de la loi sur les survivants yazidis, qui prévoit des réparations et la reconnaissance juridique des atrocités commises par Daesh contre les femmes et les filles en tant que crimes de génocide et crimes contre l'humanité.

Terrorisme

Alors que des progrès sont réalisés dans la lutte contre les restes de Daesh, « le terrorisme continue de faire beaucoup trop de victimes innocentes », a déclaré Mme Hennis-Plasschaert.

Elle a décrit les roquettes et les engins explosifs improvisés comme « une constante de la vie irakienne » utilisée par « des entités armées cyniques et sans cœur » pour déstabiliser le pays.

Malgré l'objectif du gouvernement de placer toutes les armes sous le contrôle de l'État, « nous assistons à l'utilisation de nouvelles capacités par des acteurs non étatiques, avec des effets potentiellement dévastateurs », a-t-elle déclaré.

Démantèlement des camps

Au cours des sept derniers mois, 16 camps de personnes déplacées à l'intérieur du pays ont été fermés ou reclassés.

Souvent effectuées à la dernière minute, les préparatifs nécessaires au retour en toute sécurité de quelque 50 000 Iraquiens dans leurs régions d'origine n'ont pas été faits, a déclaré l'envoyée de l'ONU.

« Lorsque les camps sont fermés avant que les conditions de retour ne soient appropriées, les Irakiens sont confrontés à des conséquences désastreuses », a-t-elle expliqué en évoquant leur rejet par les communautés locales, un manque de protection de la part des autorités et même des attaques physiques contre les rapatriés.

« Ce n'est certainement pas le chemin vers des communautés récupérées et stabilisées », a déclaré la cheffe de la MANUI.

 

 

 

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