Afrique de l’Ouest et Sahel : le Conseil de sécurité souligne le rôle important des femmes dans la prévention des conflits

3 février 2021

Dans une déclaration publiée par sa Présidence, mercredi, le Conseil de sécurité de l’ONU insiste sur l’importance du rôle que jouent les femmes en Afrique de l’Ouest et au Sahel dans la prévention et le règlement des conflits, dans la consolidation de la paix et dans les situations d’après-conflit.

Dans cette déclaration, les membres du Conseil soulignent que les femmes « doivent participer sur un pied d’égalité à tous les efforts visant à maintenir et à promouvoir la paix et la sécurité et y être pleinement et véritablement associées ».

Le Conseil salue les efforts déployés par les pays de la région pour faire progresser la participation pleine, égale et véritable des femmes aux processus politiques, notamment en vue d’accroître le nombre de femmes aux hautes fonctions de l’État.

A cet égard, il se félicite de « la participation active et des compétences de dirigeantes dont les femmes ont fait preuve durant les processus électoraux » qui se sont récemment déroulés au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Guinée et au Niger, ainsi que de la nomination d’une femme au poste de Première Ministre au Togo et de la proportion de femmes dans le nouveau gouvernement du Libéria.

Dans leur déclaration, les membres du Conseil se félicitent de la tenue, en 2020 dans certains pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel, d’élections présidentielles et législatives, « qui ont contribué à l’enracinement de la démocratie dans les pays concernés ».

Il notent que la plupart de ces élections se sont déroulées de façon pacifique, mais ils condamnent les incidents de violence liée aux élections qui se sont produits dans certains cas et, dans ce contexte, appelle « tous les acteurs politiques à faire progresser le dialogue politique national et à prendre des mesures concrètes pour permettre une réconciliation durable ».

Les membres du Conseil de sécurité engagent les parties prenantes nationales des pays de la région qui s’apprêtent à tenir des élections à collaborer pour faciliter la préparation en temps voulu et la tenue, dans les délais fixés, « d’élections véritablement libres, régulières, crédibles, inclusives et pacifiques », et à prendre « toutes les mesures qui s’imposent pour prévenir la violence sous toutes ses formes, et les engage instamment à garantir des conditions égales à tous les candidats et candidates et à favoriser la participation pleine, égale et véritable des femmes ».

Le Conseil salue « le rôle exceptionnel » que joue la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans la médiation et la promotion des processus électoraux démocratiques dans la région.

S’attaquer aux causes profondes de la violence

S’agissant de la propagation du terrorisme et de l’extrémisme violent, le Conseil de sécurité souligne qu’il importe de s’attaquer aux conditions sous-jacentes de cette propagation. Il juge aussi nécessaire d’adopter une approche globale pour lutter contre les causes profondes de la violence intercommunautaire.

Le Conseil prie le Secrétaire général d’étudier la faisabilité d’un projet civil qui serait mené conjointement par le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS) et l’une des organisations régionales compétentes, telles que le G5 Sahel, la CEDEAO et l’Union africaine, « en vue d’endiguer le phénomène de plus en plus déstabilisateur de la violence intercommunautaire et d’empêcher qu’il ne continue à se produire dans la région ».

Il encourage les partenaires bilatéraux et les partenaires de développement, tels que la Banque mondiale ou d’autres institutions financières internationales, à appuyer un tel projet. Il prie également le Secrétaire général d’inclure dans son prochain rapport sur l’UNOWAS des recommandations comportant des options viables pour la mise en place d’un tel projet.

Le Conseil de sécurité se déclare aussi préoccupé par la détérioration de la situation humanitaire globale de la région, qui est aggravée par la pandémie de Covid-19 et « résulte pour une grande part des déplacements forcés, de l’extrême pauvreté, de l’insécurité alimentaire, des inégalités sociales et de la violence, notamment sexuelle et fondée sur le genre ».

Il demande que soit assurée « la fourniture durable, en toute sécurité et sans entrave d’aide humanitaire et médicale aux personnes qui en ont besoin et réclame une action d’envergure sur le plan humanitaire et en matière de développement ainsi que le décaissement des fonds déjà promis ».

 

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