Au Forum de Paris sur la paix, Guterres appelle à mobiliser les financements nécessaires pour un développement durable

12 novembre 2020

Lors de la troisième édition du Forum de Paris sur la paix, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé jeudi la communauté internationale à mobiliser les financements nécessaires pour réaliser les Objectifs de développement durable (ODD) et les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat.

« Cette année, alors que la pandémie (de Covid-19) et la crise associée affectent les vies et les moyens de subsistance dans le monde, nous célébrons le cinquième anniversaire de l'Accord de Paris et de l'adoption des Objectifs de développement durable », a noté M. Guterres dans un message vidéo diffusé au Sommet ‘Finance en commun’ organisé dans le cadre du forum.

« Notre responsabilité partagée est claire : redoubler d'efforts pour sortir de la crise économique et sociale et se mettre sur la bonne voie pour atteindre les ODD et construire un avenir durable, inclusif et résilient », a-t-il ajouté.

Selon le chef de l’ONU, cela exigera une mobilisation sans précédent de tous. « La solidarité mondiale est impérative pour vaincre le virus et mieux récupérer », a-t-il dit, se disant encouragé par le nombre croissant de pays qui s’engagent à atteindre l’objectif de zéro émission nette de gaz à effet de serre.

« Cette coalition de gouvernements, rejointe par de nombreuses villes et entreprises, se renforce parce que les dirigeants du monde entier comprennent que nous n'avons pas d'alternative et parce qu'ils reconnaissent les opportunités à saisir », a estimé le Secrétaire général de l’ONU.

Mais, selon lui, « nous n'en sommes pas encore là ». « Aucun engagement aussi audacieux n'a encore été pris pour mobiliser les financements nécessaires pour atteindre l'engagement net zéro d'ici 2050 ni, plus largement, les ODD », a-t-il dit.

Le rôle des banques publiques de développement

Le chef de l’ONU estime que les banques publiques de développement sont particulièrement bien placées pour jouer un rôle de premier plan dans cette transformation. « C'est essentiel pour redémarrer nos économies et les mettre fermement sur la voie d'un avenir durable et neutre en carbone », a-t-il dit.

Pour y arriver, il estime que, premièrement, les mandats des banques publiques de développement doivent être alignés sur les engagements visant à atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 et les ODD.

« J'exhorte les ministres des Finances, qui façonnent l'orientation stratégique des institutions nationales, régionales et multilatérales de financement du développement, à veiller à ce que d'ici la COP 26 (la prochaine Conférence sur le climat qui se tiendra à Glasgow, au Royaume-Uni), toutes ces institutions conviennent d'aligner leurs politiques et portefeuilles sur l'objectif de 1,5 degré Celsius et sur les ODD, et à ce que tous les investissements tiennent compte des risques climatiques et soient résilients au changement climatique », a-t-il souligné.

« Je demande également à toutes les banques publiques de développement de s'engager à renoncer au charbon (…), et à éliminer de toute urgence le financement des combustibles fossiles, et j'appelle tous les gouvernements à éliminer progressivement les subventions aux combustibles fossiles, avec des objectifs et des plans précis assortis de délais », a-t-il ajouté.

Deuxièmement, M. Guterres demande aux « banques publiques de développement de faire davantage pour répondre aux besoins urgents face à la chute dramatique des flux privés et des recettes publiques ».

Troisièmement, il estime que « le financement public du développement doit augmenter considérablement le soutien à l'adaptation et à la résilience, en particulier pour les groupes les plus vulnérables ».

Quatrièmement, « nous avons besoin de plus de transparence pour garantir que tous les financements - publics et privés - soutiennent les ODD et l'Accord de Paris. J'exhorte les pays à travailler ensemble pour adopter des normes, des standards et des mécanismes de certification pour la finance durable », a-t-il ajouté.

Cinquièmement, « nous avons besoin que les banques publiques de développement investissent dans les données et les statistiques qui renforcent la capacité des pays en développement de prendre les décisions nécessaires. Et nous avons besoin que les banques publiques de développement partagent ouvertement leurs données avec les décideurs pour une action mieux coordonnée », a conclu le Secrétaire général.

 

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