Les experts des droits de l’homme jouent un rôle crucial dans les opérations de paix, selon Bachelet

7 juillet 2020

La cheffe des droits de l’homme des Nations Unies, Michelle Bachelet, a souligné mardi le rôle crucial des experts des droits de l’homme qui sont déployés dans des opérations de paix des Nations Unies à travers le monde.

Actuellement, 12 opérations de paix des Nations Unies - six missions de maintien de la paix et six missions politiques spéciales - ont des composantes relatives aux droits de l'homme.

« Ces composantes des droits de l'homme sur le terrain contribuent fortement à une meilleure protection; elles rapprochent les missions des personnes qu'elles servent et renforcent les capacités des gouvernements à promouvoir le développement inclusif, l'Etat de droit et la paix », a déclaré Mme Bachelet lors d’un débat virtuel organisé par la Présidence du Conseil de sécurité, occupée en juillet par l’Allemagne, sur les opérations de paix et les droits de l’homme.

« Seule une action pour remédier aux violations des droits de l'homme infligées aux personnes peut empêcher la répétition du conflit. C'est le travail que les composantes droits de l'homme des opérations de paix sont mandatées et formées à accomplir - en détectant et en traitant les inégalités et les doléances qui sous-tendent des conflits spécifiques », a ajouté la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.

Selon elle, dans le contexte de la pandémie de Covid-19, le travail de ces composantes droits de l'homme « devient de plus en plus crucial ».

Ce travail comprend l'évaluation de l'efficacité et de l'application des mesures de confinement; l’identification de l'impact de la pandémie sur les groupes vulnérables - en particulier les personnes déplacées à l'intérieur du pays, les réfugiés et les femmes; et l’évaluation de l'impact sur des droits économiques, sociaux et culturels spécifiques.

« La surveillance de l'augmentation de la stigmatisation, de la discrimination et des discours de haine liés à la pandémie, ainsi que des violations liées au conflit par toutes les parties, est également essentielle aux efforts visant à mettre en évidence, à combattre et à prévenir de nouvelles violations des droits de l'homme », a déclaré Michelle Bachelet.

Travail sur les discours de haine en République centrafricaine

Elle a pris l’exemple de la République centrafricaine, où « le personnel des droits de l'homme a démontré son importance pour la prévention des conflits, notamment par son travail sur les discours de haine et son soutien aux mécanismes judiciaires et non judiciaires de responsabilisation, y compris le mécanisme innovant du Tribunal pénal spécial ».

Le personnel des droits de l'homme dans les opérations de paix contribue également au renforcement des capacités des institutions nationales des droits de l'homme et de l'Etat de droit, a noté Mme Bachelet.

En Haïti et en République démocratique du Congo (RDC), la police des Nations Unies et les composantes droits de l'homme de la MINUJUSTH et de la MONUSCO ont collaboré avec les autorités nationales pour renforcer les bureaux de l'inspecteur général afin de traiter les cas de violations des droits de l'homme.

En RDC, le soutien aux tribunaux mobiles a permis des progrès significatifs dans la lutte contre l'impunité, tandis que les équipes d'enquête mobiles fournissent une analyse clé de situations spécifiques.

Dans la province de l’Ituri, ces informations ont conduit la MONUSCO à adopter des déploiements permanents de combat, renforçant ainsi la protection des personnes déplacées. « Plus largement, ce travail sous-tend la stratégie de prévention des conflits de la Mission, en façonnant les efforts destinés à s'attaquer aux causes profondes des conflits et de la violence intercommunautaire », a dit Mme Bachelet.

Dans la région du Sahel, en Afrique de l’Ouest, les experts des droits de l’homme des Nations Unies apportent leur aide à l’opérationnalisation de la force conjointe du G5 Sahel, avec pour principal objectif de prévenir les dommages causés aux civils lors d'opérations militaires et de lutte contre le terrorisme.

Selon Michelle Bachelet, dans les pays où sont déployées des opérations de paix, les problèmes de droits de l'homme non résolus et le sous-financement des mesures recommandées en matière de droits humains se traduisent par une paix fragile, finalement pas durable, et entraînent une présence prolongée des Nations Unies dans le pays.

« Un financement adéquat des mandats du Conseil de sécurité relatifs aux droits de l'homme pour les opérations de paix est l'un des investissements les plus solides - et les plus rentables -, dans l'intérêt de tous », a-t-elle dit.

« Les opérations de paix de l'ONU sont parmi les réalisations les plus importantes de l'Organisation et un outil puissant pour protéger et promouvoir les droits de l'homme. Elles ont besoin de ressources - et de votre ferme soutien politique », a-t-elle conclu en s’adressant aux membres du Conseil de sécurité.

 

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