Elections au Burundi : l'ONU et ses partenaires plaident pour une plus grande participation des femmes

16 mars 2020

La voie est ouverte pour que les femmes profitent de s’engager massivement dans le processus électoral au Burundi, ont déclaré lundi le Bureau de l’Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la région des Grands Lacs et ses partenaires à l‘issue d’une mission dans le pays.

La mission, composée du Bureaud e l’Envoyé spécial, du Conseil consultatif pour les femmes, paix et sécurité dans la région des Grands Lacs, d’ONU-femmes, de la CIRGL et du Forum régional des Femmes etde  COCAFEM-GL, avait pour objectif de soutenir les femmes burundaises pour qu’elles « participent effectivement et en grand nombre » aux processus électoraux, présidentiel et législatif, prévus en mai de cette année.

Favoriser les quotas pour parvenir à l’égalité

Au cours de son séjour à Bujumbura, du 2 au 4 mars, la mission a rencontré plusieurs responsables gouvernementaux dont l’Ombudsman ; le ministre des affaires étrangères ; le ministre des droits de la personne humaine, des affaires sociales et du genre ; et le ministre de la justice. Elle a également rencontré le Forum national des Femmes, ainsi que les femmes leaders burundaises dans le cadre d’une session interactive d’échanges sur les questions de participation électorale des femmes, mais également du rôle que les femmes peuvent jouer dans les instances économiques et sécuritaires.  

Lors des diverses rencontres, la délégation a discuté de l’implication et de l’engagement de toutes les femmes dans le processus électoral en vue de conquérir les espaces politiques reconnus par les lois, de la participation politique des femmes pour renforcer l’égalité établie par la constitution, des priorités des femmes et de leur prise en compte dans la constitution des listes bloquées et au niveau communautaire où les quotas minima de 30 % ne sont pas prévus. 

« Toutes les autorités ont réaffirmé la nécessité de prendre en compte les quotas pour parvenir à l’égalité et par voie de conséquence, à la parité », s'est félicité le Bureau de l’Envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la région des Grands Lacs.
 

OCHA/Christian Cricboom
Des Burundais rapatriés de Tanzanie au centre de transit de Mabanda, dans la province de Makamba, Burundi. (24 avril 2018)

Créer les conditions favorable, protéger des violences

La délégation a sollicité des hautes autorités qu'elles appuient les femmes à intégrer le processus électoral en créant des conditions favorables à la participation électorale, y compris en assurant leur protection contre les violences éventuelles qui pourraient porter préjudice à leur participation effective.

Les autorités ont pris l’engagement d’aider les femmes pour plus de participation en créant des conditions favorables

La mission et les différentes autorités burundaises se sont félicitées de l’évolution du contexte et du cadre électoral et de la future loi communale. Les autorités ont pris l’engagement d’aider les femmes pour plus de participation en créant des conditions favorables.

La mission a salué l’engagement de l’Ombudsman dans la protection des droits des femmes à tous les niveaux, y compris le niveau communautaire. Elle s’est réjouie que les femmes leaders burundaises se soient engagées dans la mobilisation des femmes au niveau collinaire afin qu’elles se fassent élire pour passer de 17% actuellement à au moins 30% de femmes dans les futurs conseils collinaires élus. 

La mission a, en outre, félicité les femmes burundaises pour leur mobilisation solidaire pour influencer les processus décisionnels et les réponses liées à la prévention et à la résolution des conflits dans un environnement favorable. Elle a été sensible à la volonté exprimée par les autorités burundaises à impliquer les femmes dans les efforts de prévention et de résolution des conflits.

S’adressant aux femmes leaders, la délégation a affirmé que « le temps est venu de se faire remarquer et de faire valoir leur agenda durant le processus électoral et qu’il faut pousser plus loin et investir les mécanismes de gouvernance à tous les niveaux, y compris le niveau régional. 

La mission a quitté Bujumbura sur une note de satisfaction aux regards des assurances qu’elle a eues auprès des autorités burundaises.

Les préoccupation ressorties des différentes rencontres comprennent notamment : 
•    la nécessité de renforcer la solidarité des femmes avec une voix unique solidaire ; 
•    l’efficience et l’efficacité des femmes élues ainsi que leur redevabilité auprès des femmes ;
•    l’importance de la prise en compte des femmes élues à la base collinaire ;
•    l’attention particulière à mettre sur les femmes du secteur privé ; 
•    le rôle des fora nationaux, de la société civile et des médias dans la prévention, l’alerte précoce et le rapportage contre les violencs basées sur le genre; 
•    la nécessité pour le Forum national des Femmes de tirer profit de l’expérience des autres fora nationaux de la région et du Forum régional des Femmes ; 
•    le positionnement stratégique des femmes dans les partis politiques ; la question d’égalité des droits entre les enfants, en matière d’héritage ; 
•    le besoin de renforcement des interventions dans le domaine de l’autonomisation des femmes ;
•    le besoin d’avoir des hommes engagés pour la cause des femmes.

 

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