La FAO crée 18 nouvelles zones de protection des écosystèmes marins vulnérables

29 janvier 2020

Un programme quinquennal estimé à 50 millions de dollars, financé par le Fonds pour l'environnement Mondial (FEM) et développé par la FAO et ses partenaires, a permis de faire d'énormes progrès en matière de protection de la biodiversité des eaux internationales en renforçant la protection de différentes espèces marines, comme les tortues de mer et les thons.

« Assurer des eaux internationales saines et préserver la richesse de leur biodiversité ont longtemps été des défis pour ces zones marines qui ne relèvent de la responsabilité d'aucun pays », a dit Mme Maria Helena Semedo, Directrice générale adjointe de la FAO chargée du climat et des ressources naturelles.

 Le Programme a rassemblé un partenariat à la fois large et unique pour affronter ce défi à travers la promotion d'une gestion durable des ressources halieutiques - Maria Helena Semedo, Directrice générale adjointe de la FAO

« Le Programme a rassemblé un partenariat à la fois large et unique pour affronter ce défi à travers la promotion d'une gestion durable des ressources halieutiques et des pratiques écosystémiques, et il a donné d'excellents résultats. Nous espérons développer ultérieurement cette initiative afin de continuer à protéger notre diversité marine et contribuer aux objectifs mondiaux et aux attentes du Programme pour le développement durable à l'horizon 2030 et du Cadre mondial de la biodiversité pour l'après-2020 », a ajouté Mme Semedo.

Le Programme ZHJN des Océans communs concerne les zones marines hors juridiction nationale (ZHJN) - aussi appelées eaux internationales - qui recouvrent 40% de la planète et représentent environ 95% du volume des océans.

Entre 2014 et 2019, le Programme a ainsi contribué à la création et à la protection d'écosystèmes marins vulnérables dans 18 nouvelles zones - espèces locales et espèces de haute mer comme les coraux et les éponges. Pour y parvenir, ces zones ont été fermées à la pêche.

Deux de ces sites se trouvent dans l'océan Pacifique, cinq au sud de l'océan Indien, un au sud de l'océan Pacifique, sept dans les eaux internationales autour de l'Antarctique et trois en Méditerranée.

Baisse de la surpêche du thon

Entre 2014 et 2019, le nombre des plus gros stocks de thon faisant l'objet d'une surpêche est passé de 13 à cinq.

Chaque année, quelque 6 millions d'espèces de thon sont pêchées dans le monde. La valeur annuelle de ces échanges s'élève à près de 12 milliards de dollars. À cause d'une forte demande et d'un nombre trop important de navires de pêche, les stocks de thon ont été soumis à une énorme pression.

Des modifications dans le matériel de pêche - par exemple un positionnement des filets maillants deux mètres plus en profondeur - ainsi que des formations sur les techniques pour protéger les espèces menacées ont contribué à sauver des mammifères marins, en particulier les dauphins et les tortures de mer.

Entre 2013 et 2018, par exemple, la mortalité des mammifères marins qui sont restés emprisonnés dans les filets des bateaux de pêche pakistanais dans le nord de la mer d'Oman a baissé de 98%  - passant de 12 000 en 2013 à moins de 200 en 2018.

La diminution de la capture accidentelle a également été possible grâce à des dispositifs de concentration de poissons (DCP), utilisés pour attirer les poissons, qui sont plus respectueux.

Le Programme a créé et testé des modèles de DCP non-emprisonnants et respectueux des océans, et il a permis de mener des ateliers avec plus de 2 500 pêcheurs de 22 pays sur les techniques de réduction des captures accidentelles.

Afin de réduire encore davantage la pollution marine due au plastic, des études sont en cours sur l'utilisation de matériaux biodégradables dans les DCP.

International Seafood Sustainability Foundation (ISSF)/Fabien Forget.
Les thons peuvent vivre dans les eaux froides au large de Terre-Neuve (Canada), ainsi que dans les eaux tropicales du golfe du Mexique et de la mer Méditerranée

Sensibiliser aux problématiques des océans

En plus du partage des expériences, de la promotion de solutions innovantes et de l'approfondissement de la compréhension des problématiques complexes qui sont en jeu dans les eaux internationales, le Programme a permis la création d'un groupe de dirigeants régionaux des ZHJN.

Le Programme a mis en contact des représentants et des décideurs de 34 pays et issus de secteurs différents, en encourageant leur participation aux négociations en cours pour la définition d'un nouvel instrument international juridiquement contraignant, dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, portant sur la conservation et l'utilisation durable de la diversité biologique marine des zones hors juridiction nationale (ZHJN).

La FAO a travaillé avec le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), la Banque mondiale, le Fonds mondial pour la nature (WWF), les Organisations régionales de gestion des pêches du thon et de profondeur, la société civile, les gouvernements nationaux, le secteur privé et les organisations non gouvernementales - au total 60 partenaires - afin de mettre en place le Programme financé par le FEM.

Face au rapport étroit entre l'environnement et les systèmes alimentaires durables, le FEM s'avère être un partenaire de plus en plus important pour la FAO qui est particulièrement attentive à l'innovation, au secteur privé et aux solutions basées sur des systèmes intégrés. Aujourd'hui la FAO gère un portefeuille FEM d'une valeur d'environ 900 millions de dollars avec plus de 190 projets dans plus de 130 pays.

Des discussions ont lieu à l'occasion de la réunion du Comité directeur mondial ZHJN (29-30 janvier) à Rome en vue d'élargir le Programme - toutes avec l'objectif de continuer à renforcer la gouvernance dans les eaux internationales et de consolider les mesures de lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), et d'améliorer la coordination entre tous ceux qui s'intéressent à l'utilisation durable des eaux internationales.

 

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