45 millions de personnes menacées par la famine en Afrique australe (PAM)

16 janvier 2020

Un nombre record de 45 millions de personnes - pour la plupart des femmes et des enfants - dans les 16 pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe sont menacées par la famine  en raison de la sécheresse, des inondations et des difficultés économiques dans leurs pays, a alerté jeudi le Programme alimentaire mondial (PAM). 

« Cette crise de la faim atteint des proportions jamais vues et nos observations sur le terrain montrent qu’elle va encore s’aggraver », a averti dans un communiqué la Directrice régionale du PAM, Lola Castro.  « La saison cyclonique annuelle a commencé et nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de répéter les ravages causés par les tempêtes sans précédent de l’an dernier », a-t-elle mis en garde.

La situation la plus inquiétante concerne le Zimbabwe, où le PAM évalue à près de 8 millions - la moitié de la population - le nombre de personnes menacées par la famine.

Il en va de même pour 20% de la population de la Zambie, un grenier à blé régional de longue date qui doit maintenant restreindre ses exportations de céréales et accepter une aide extérieure. Pratiquement la même proportion de la population du Lesotho, frappé par la sécheresse, souffre aussi aujourd’hui de la faim, tout comme 10% des Namibiens.

Or dans un contexte où les taux de malnutrition, la croissance démographique, les inégalités et le VIH/sida sont déjà élevés, la crise de la faim est aggravée par la flambée des prix des denrées alimentaires, les pertes de bétail à grande échelle et la montée du chômage. Résultat, dans toute la région, « les familles mangent moins, sautent des repas, retirent leurs enfants de l’école, vendent des biens précieux et s’endettent ».

Les prévisions laissent présager une autre mauvaise récolte 

Depuis quelques années, certains pays de cette région souffrent d’un important déficit pluviométrique.  Alors que la saison de « soudure » s’intensifie avant la récolte céréalière annuelle d’avril/mai, le PAM invite la communauté internationale à accélérer à la fois l’aide d’urgence aux millions de personnes souffrant désespérément de la faim en Afrique australe et les investissements à long terme pour permettre aux personnes vulnérables de la région de résister aux effets de plus en plus graves du changement climatique.

« Bien que notre priorité la plus urgente soit les millions de personnes qui ont besoin d’un soutien immédiat, il est absolument essentiel de renforcer la résilience des nombreuses personnes menacées par des sécheresses et des tempêtes de plus en plus fréquentes et destructrices », a ajouté Mme Castro.

Selon le PAM, les températures augmentent dans la région à un rythme deux fois supérieur à celui observé sur la planète. Cette année encore, les prévisions anticipent une météo sèche et chaude, laissant augurer d’une nouvelle mauvaise récolte.

« Dans de nombreux endroits, les pluies de cette saison sont encore arrivées en retard et « les experts prévoient un temps chaud et sec continu dans les mois à venir, ce qui laisse présager une autre mauvaise récolte », insiste l’agence onusienne.

Le PAM prévoit d’aider plus de 8 millions de personnes

Cette année, le PAM prévoit de venir en aide à 8,3 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire au Zimbabwe, en Zambie, au Mozambique, à Madagascar, en Namibie, au Lesotho, en Eswatini et au Malawi.

Alors que la crise s’aggrave, le monde doit agir maintenant pour sauver des vies et permettre aux communautés de s’adapter aux changements climatiques, a averti l’agence onusienne basée à Rome.

Le PAM a donc lancé un appel pressant à la communauté internationale et aux bailleurs de fonds, affirmant qu’elle ne disposait pour l’heure que de 205 des 489 millions de dollars nécessaires pour financer ses projets d’aide d’urgence. L'agence indique avoir été contraint de recourir massivement à l’emprunt interne pour garantir que les vivres parviennent à ceux qui en ont besoin.  

Ce manque de fonds pourrait empêcher l’agence onusienne de développer de manière adéquate les activités à long terme qui sont pourtant « vitales pour lutter efficacement contre la situation d’urgence existentielle que sont les changements climatiques ». « Si nous ne recevons pas les fonds nécessaires, nous n’aurons pas d’autre choix que d’aider moins de personnes qui en ont besoin, en leur donnant moins », a conclu Mme Castro.

 

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