Elections en Afghanistan : quel que soit le résultat, la paix sera la principale tâche du nouveau Président (ONU)

16 décembre 2019

Alors que les résultats de l’élection présidentielle en Afghanistan se font attendre, l’envoyé de l’ONU dans le pays a rappelé lundi devant le Conseil de sécurité que la paix demeure la question principale à régler.

L’élection présidentielle en Afghanistan – la quatrième organisée depuis la chute des Taliban – a eu lieu le 28 septembre dernier. Avec un taux de participation modeste, freiné par les menaces sécuritaires et la faible mobilisation des électeurs dans de nombreuses parties du pays.

Les résultats préliminaires devaient être annoncés le 19 octobre. « Cependant, ils doivent encore être annoncés », a déclaré Tadamichi Yamamoto, le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en Afghanistan et chef de la mission onusienne dans le pays (MANUA), aux membres du Conseil de sécurité.

« La principale raison de ce retard est de garantir que le processus électoral soit aussi transparent et crédible que possible, même au prix du temps », a dit le Représentant spécial.

Sur le plan logistique, l’élection présidentielle de 2019 en Afghanistan a connu une nette amélioration par rapport aux scrutins précédents avec notamment une plus grande transparence. L’utilisation de dispositifs de vérification biométrique des électeurs s’est avérée d’une grande efficacité pour détecter et décourager la fraude, et plusieurs nouveaux mécanismes de contrôle tout au long du processus ont permis aux organes de gestion électorale de détecter et d'éliminer les votes multiples et frauduleux.

« Les candidats et autres acteurs politiques ont eu un bien meilleur accès à l'information que lors des élections précédentes », s’est félicité M. Yamamoto.

Au lendemain du scrutin, la Commission électorale indépendante (CEI) a récupéré le matériel électoral et les formulaires de résultats recueillis en présence de représentants des candidats et d'observateurs. Les formulaires et les données des résultats, qui ont été transmis électroniquement, ont été groupés et traités dans le nouveau système de soutien à la vérification d'audit numérique.

La déduplication des données biométriques pour identifier plusieurs électeurs et la comparaison des données entre les résultats comptabilisés et ceux du système de soutien à la vérification d'audit numérique sont terminées. Leur objectif principal était de détecter la fraude potentielle et d’exclure les votes frauduleux du décompte. « La Commission des plaintes électorales (ECC) a également statué sur plus de 4.000 plaintes liées au jour du scrutin », a précisé l’envoyé de l’ONU.

Un processus électoral qui n'a pas été sans problème

« Néanmoins, ce processus électoral n'a pas été sans problème. Certains candidats et leurs partisans ont exprimé des préoccupations concernant les aspects techniques du processus et le manque d'information du public », a dit M. Yamamoto.

De nombreux échanges oraux et écrits ont eu lieu entre les organes électoraux et les candidats, tant. Ce processus a entraîné le blocage de l'audit et de recomptage dans sept provinces par les partisans de certains candidats. Cela a aussi ajouté du retard dans l'annonce des résultats préliminaires. « Cependant, le processus s’est finalement traduit par la reprise de la vérification et du recomptage dans les sept provinces restantes le 15 décembre. Nous nous attendons maintenant l’annonce bientôt des résultats préliminaires », a indiqué le Représentant spécial.

Dans ce processus, les experts techniques des Nations Unies et les commissaires internationaux ont eu de vastes consultations et travaillé en étroite collaboration avec la CEI et le ECC. M. Yamamoto a reconnu et salué le leadership dont ont fait preuve les deux organes.

« J’ai fortement ressenti chez toutes les parties prenantes que le sentiment de prise en main afghane doit être maintenu tout au long du processus électoral, et que cette direction et cette appropriation afghanes doivent s'enraciner dans la scène politique afghane », a dit l’envoyé de l’ONU, qui a appelé toutes les parties prenantes à permettre aux institutions électorales d’exercer pleinement leurs responsabilités, y compris en traitant les plaintes par les voies juridiques et institutionnelles appropriées.

« Une fois que les plaintes électorales auront été traitées conformément à la loi, j’exhorte les candidats et leurs partisans à accepter le résultat. Une fois l'élection terminée avec crédibilité, elle deviendra un jalon dans l'histoire de la mise en place d'un système politique représentatif du pays », a dit M. Yamamoto, rappelant que « quel que soit le résultat de l’élection présidentielle, la paix sera la question de la plus grande importance pour la nouvelle administration ».

 

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