Ebola : 4 membres du personnel de santé tués par des groupes armés dans l’est de la RDC (OMS)

28 novembre 2019

Quatre membres d’une équipe anti-Ebola ont été tués mercredi soir dans deux attaques armées dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a indiqué jeudi l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans un communiqué.

Les attaques se sont produites dans la nuit de mercredi à jeudi dans une base du personnel de la riposte anti-Ebola à Biakato dans la province de l’Ituri et dans un bureau de coordination à Mangina, dans la province du Nord-Kivu.

Parmi les victimes figurent un membre d’une équipe de vaccination, deux chauffeurs et un policier. « Bien qu’aucun membre du personnel de l’OMS ne figure parmi les personnes tuées, un membre du personnel a été blessé. La plupart des autres blessés travaillent pour le ministère congolais de la santé », a précisé l’OMS.

L’agence onusienne, dont le siège principal est à Genève, redoute que cette dernière escalade alarmante entrave les progrès déjà constatés dans le combat contre l’épidémie pourtant en déclin ces dernières semaines.

« Le monde a perdu des professionnels courageux »

« Les attaques menées par des groupes armés dans les mines de Biakato et de Mangina en RDC ont fait des morts et des blessés parmi les intervenants d’Ebola. Nos pires craintes sont devenues réalité », a déclaré jeudi matin, le Directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus sur son compte Twitter. « Nous avons le cœur brisé par le fait que des personnes sont mortes dans l’exercice de leurs fonctions alors qu’elles s’efforçaient de sauver d’autres personnes », a ajouté le Dr Tedros dans un communiqué publié à la mi-journée.

« Notre objectif est de soigner les blessés et de veiller à ce que le personnel des autres sites soit en sécurité », a ajouté le chef de l’OMS, tout en rappelant que « le monde a perdu des professionnels courageux ».

Directrice du Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, le Dr Matshidiso Rebecca Moeti, s’est dit profondément attristée par les deux attaques perpétrées contre les intervenants d’Ebola. « La situation est toujours d’actualité, mais nous comprenons qu’il y a eu des morts et des blessés. Nous faisons tout notre possible pour soigner les blessés et mettre notre personnel en sécurité », a précisé le Dr Moeti sur son compte Twitter.

Dr Tedros demande de mettre fin à ce cycle de violence

Sur le terrain, la situation continue d’évoluer et l’OMS souligne qu’elle fournira des mises à jour au fur et à mesure qu’elle disposera de nouvelles informations.

Ce n’est pas la première attaque contre des agents de santé qui tentent de contenir la deuxième plus grande épidémie d’Ebola de l’histoire. Certains ont décrit cette épidémie comme la plus complexe à ce jour dans une région où sévissent des groupes armés actifs, compliquant ainsi la lutte contre Ebola.

Les dernières attaques surviennent après des jours de troubles meurtriers dans la ville de Beni.  Le rapport de situation épidémiologique du ministère congolais de la santé faisait état de cette « perturbation des activités de la riposte dans des secteurs de Beni et Butembo, à la suite des manifestations de la population qui décrie les tueries des civils ». « Ebola reculait. Ces attaques lui redonneront de la force et d’autres personnes en mourront », a insisté le Dr Tedros. Selon le chef de l’OMS, « il sera tragique de voir plus de souffrances inutiles dans des communautés qui ont déjà tant souffert. Nous appelons tous ceux qui ont un rôle à jouer à mettre fin à ce cycle de violence ».

« Nos pensées aux familles des victimes des attaques de Biakato et Mangina » (David Gressly)

C’est dans ce contexte de tensions que l’OMS a transféré en début de semaine 49 de ses 120 travailleurs présents à Beni vers Goma. L’agence onusienne précise que le personnel resté sur place (71 personnes) tente de poursuivre les opérations de lutte contre Ebola.

« Toutes nos pensées vont aux familles des victimes des attaques de la nuit dernière à Biakato et Mangina mais aussi à toutes les familles des victimes de la récente flambée de violence dans la région », a souligné aussi sur son compte Twitter, David Gressly, le Coordonnateur des Nations Unies pour la lutte contre Ebola en RDC. 

L’épidémie a semblé marquer le pas ces dernières semaines. La semaine dernière, 7 cas d’Ebola ont été identifiés, un chiffre en baisse en comparaison au pic de plus de 120 malades par semaine recensés en avril 2019. Mais à la suite de cette dernière escalade de violence, les organismes humanitaires redoutent que de telles attaques puissent nuire aux efforts cruciaux déployés par les équipes de riposte pour contenir ce virus mortel.

A noter que les données épidémiologiques cumulées datées du mercredi 27 novembre font état de 2.198 décès sur les 3.304 cas confirmés d’Ebola. Selon l’OMS, près de 1.077 personnes ont été guéries de la maladie.

 

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